Jean-Bernard Papi, romancier, essayiste, nouvelliste et poète

                                        Il n'y a de recette de jouvence que le rire.
                       Partageons nos plaisirs. Vous lisez ! J'écris !      

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Prix Goncourt, prix Renaudot 2017.
 
Après le nazisme c’est toujours le nazisme, écrit Christophe Ono-dit- Biot dans un article un tantinet désabusé pour qualifier : Dans l’ordre du jour d’Éric Vuillard (Acte Sud) Prix Goncourt 2017 et Dans la disparition de Joseph Mengele d’Olivier Guez (Grasset) prix Renaudot 2017. Le fait est que, depuis quelques années, le nazisme est devenu le fonds de commerce d’un nombre non négligeable d’auteurs français. Cependant attribuer les deux grands prix à des livres qui pourraient être la suite l’un de l’autre, comme les wagons d’un même train, démontre à juste titre ou que les jurys font mal leur travail ou que les auteurs manquent d’imagination.
Le Goncourt étant prévu pour célébrer un écrivain débutant, Vuillard, scénariste, réalisateur et auteur de six livres à succès démontre que la première proposition ci-dessus, sur le jury, est fondée. On (Bernard Pivot ?) aurait voulu flatter madame Nyssen, ministre de la culture et PDG d’Acte Sud on ne s’y serait pas pris autrement. Il faut dire aussi que ces prix littéraires servent de monnaie d’échange entre les membres des jurys, - qui sont également des écrivains-, et les éditeurs. Tout cela n’est pas flatteur et guère transparent.
Autre proposition : les écrivains français manquent d’imagination. Certes non, mais ils servent aux lecteurs ce que ces derniers réclament, c'est-à-dire : de l’Histoire, encore et toujours de l’Histoire, en piochant dans une réserve qui parait inépuisable. Alors pourquoi ne pas attribuer Goncourt et Renaudot à Historia. ? Elle le mérite autant que les autres.
 
Jean-Bernard Papi ©

 


 

 
 
La solitude du joueur de foot.
 
 
  Je suis là, solide, planté comme un roc dans la ligne d’arrières. Le coach me dit toujours : Mamadou, là où tu es, c’est comme s’il y avait un roc. Un journaliste pourri a écrit que je ne parcourais guère plus de soixante mètres durant tout un match : Deux pas vers l’avant quand un adversaire se pointe et deux pas vers l’arrière pour retrouver mon poste. Moi je pense plutôt que je cours au moins six cents mètres, pas six kilomètres tout de même, mais au moins six cents mètres. Mais je suis comme un roc : c’est le coach qui le dit, et un roc ne se déplace pas facilement. Est-ce que je stoppe l’adversaire quand il a la mauvaise idée de vouloir s’approcher des buts ? Heureusement, on est souvent deux pour l’arrêter, nous nous portons assistance mutuelle à charge de revanche. Et si l’arbitre ne regarde pas je lui marche sur le pied, crac ! Un roc sur le pied ça fait mal, c’est moi qui vous le dit ! Dès fois je le bouscule à la loyale, d’un coup d’épaule et souvent il riposte d’un autre coup d’épaule quand je ne m’y attends pas. Enfin, quand je ne m’y attends pas vraiment ; dans ce cas je tombe et me roule par terre en gémissant. À la brésilienne. C’est impressionnant et la foule hurle. J’obtiens un coup franc, ça dégage notre arrière. Le coach dit que je ne suis pas assez attentif au ballon. Je le suis des yeux, mais parfois je rêvasse : Quelle voiture acheter avec ma prime : Ferrari, Bentley ? Le coach dit d’y aller mollo avec les bagnoles, c’est dur pour un smicard de nous voir parader dans des autos qu’il ne pourra jamais s’acheter. Je ne vais pas me payer une Twingo tout de même… J’ai un coach personnel qui gère mon argent, c’est aussi un ami. Il me conseil de me marier. Ce ne sont pas les filles qui manquent mais je n’ai pas le temps. Il y a ma carrière… Nous les franco-africains on est très bon en sport, et dans tous les sports. Le coach dit que les africains sont puissants et résistants et que s’ils avaient un peu plus d’argent ils seraient les meilleurs du monde. Soit, mais en foot les équipes d’Afrique ne brillent pas particulièrement, il faut le reconnaître, malgré leur puissance et leur résistance. Un journaliste camerounais a dit un jour que l’équipe de France de foot c’était finalement l’équipe africaine qui avait le mieux réussi.
  Je suis là, planté sur mes deux jambes, à mon poste dans la ligne d’arrière. Comme un roc. Mamadou, il n’y a que toi et tes potes pour arrêter une attaque, comme des rocs ! dit le coach.
 
Jean-Bernard Papi ©

 


 

 
 
   
L’islamisme des années 80/90.
 
    Avant que ne se déclenchent les attentats en Europe et bien avant l’établissement de l’Etat islamique (DAESH) il se passait dans notre pays des événements en rapport avec l’islamisme qui auraient dû nous interpeller. J ’ai reçu la lettre suivante d’un camarade qui, en 1984/85, fut en contact avec l’un de ces pré-islamistes, si on me permet ce terme.
   « En 1984 j’occupais les fonctions de responsable des matériels techniques sur la base école des mécaniciens de l’armée de l’air à Rochefort/mer. Nous instruisions de nombreux élèves étrangers et parmi eux des marocains. Ces derniers disposaient, à demeure, d’un sous-officier d’une quarantaine d’années appartenant à l’armée de l’air marocaine dont le rôle était de faciliter leur vie sur la base-école. Un jour celui-ci vient me voir dans mon bureau. Je le connaissais un peu pour avoir facilité plusieurs fois son travail. Il me déclara sans préambule qu’il quittait l’armée de l’air pour la vie civile sans se prévaloir d’une mise à la retraite.  Par courtoisie je lui en demandais la raison.
   – Je suis payé au tarif d’un adjudant-chef de mon pays, or en France la vie est beaucoup plus chère qu’au Maroc et je ne joins pas les deux bouts. J’ai une famille nombreuse et des dettes. Je vais aller travailler avec mon frère à Saint Nazaire, il possède des amis qui peuvent m’aider et il tient un petit restaurant.
  Je lui demandais quelles sortes d’amis pouvaient l’aider ; je redoutais qu’il ne fréquente des voleurs ou des gens du même acabit.
   – Ce sont des hommes pieux, me répondit-il évasif… Puis : Avez-vous lui le Coran ? Tout, absolument tout est dans le Livre.
  Je lui répondis que je ne l’avais pas lu. Il promit de m’en offrir un. Avec enthousiasme il m’énuméra ce que contenait le Coran d’après « les hommes pieux » qui l’avaient étudié. Il s’exaltait notablement au fur et à mesure qu’il me citait les merveilles du Livre.  L’électricité et les lampadaires, les avions, les piles électriques, les fusées, le téléphone, la télévision… C’est dans le Coran. Tout ce que l’Occident a inventé c’était déjà dans le Coran et vous n’avez fait que puiser vos idées dans notre livre saint.
  – Dans ce cas pourquoi ne pas avoir inventé vous-mêmes tout ça ? dis-je en me retenant de rire.
  – Parce que le Prophète méprisait ces choses matérielles et qu’il préférait le spirituel répondit-il d’un ton convaincu. L’Occident s’est fatigué à les créer et nous en profitons aujourd’hui. Nous avons l’argent du pétrole, un cadeau de Dieu, pour tout acheter.
   Deux jours plus tard j’avais mon Coran. J’ai eu beau le feuilleter et même le lire je n’ai pas trouvé trace d’avions, de téléphones et de lampadaires...  Je ne savais pas lire entre les lignes. »  
 
Frustrations et argent pour servir d’appât ? un classique pour recruter les âmes faibles. Le dernier Shah d’Iran voulait faire entrer de force son pays dans la modernité, on sait ce qu’il en est advenu.
 
Jean-Bernard Papi juin 2017
 
 

 


 

 
 
  
 
 
Hommage à Jean-Jacques.
 
  Qui est Jean-Jacques Bourdin, ou plutôt comment le définir par son métier ? C’est un journaliste polémiste qui exerce son activité le matin de 6 à 10 heures les jours ouvrable sur RMC. « Un polémiste cherche moins à peser équitablement le pour et le contre d'une situation qu'à montrer de façon aussi violente que possible ce qu'elle a d'anormal » affirme Wikipédia.
   Comment s’y prend-il ? Une interview, ou plusieurs, d’une (ou plusieurs) personnalité lui donne le sujet de la journée ou des jours suivants selon la richesse des événements du moment. Dans l’interview, il pose toujours une question qui n’a pas de rapport, ou très peu, avec l’activité de son interlocuteur : « Que pensez-vous de… ». La réponse, souvent boiteuse, va lui servir ensuite soit dans le cours de l’émission, soit plus tard, pour lancer une polémique du genre : « Untel a dit que… ». À réponse boiteuse polémique boiteuse. Il ne lui reste plus qu’à faire dialoguer les auditeurs et un « expert ». En général l’expert invité s’en tient à des réponses simples et de bon sens dans lesquelles émergent parfois quelques vérités prudentes.
   L’auditeur qui téléphone pour donner son avis, un avis binaire et brut de fonderie, ne s’embarrasse pas de circonlocutions et va droit au but. Il affirme à l’aide de sophismes qui ont toute l’apparence de vérités de comptoir, mais qui en réalité débouchent les trois quarts du temps sur un argument totalement faux. Quand il ne se prend pas les pieds dans le tapi en développant d’entrée un argument opposé à ce qu’il voulait démontrer. Tout fier d’être choisi pour « parler à la radio » il monopolise le micro, en l’occurrence la ligne téléphonique, le plus longtemps possible. J’ai remarqué qu’il y avait pléthore de chauffeurs routiers et d’accents du midi parmi ces gens. Ceux qui m’amusent le plus sont les individus qui se plaignent de l’action du gouvernement et qui, la réponse m’étonnera toujours, ne votent jamais.
   Allons plus loin. Je suis français. En fonction de quoi je lui conteste, à lui et aux autres journalistes -ils sont plus de 30000- le droit de parler en mon nom. Quand il dit : « Les français veulent (ou doivent) savoir ! » à un interviewé qui esquive et renâcle, c’est se cacher derrière notre dos pour exiger. Les français qui veulent savoir, comme vous dites messieurs, s’informent sans passer par X ou Y. En vous arrogeant le droit de parler au nom de tous, vous vous placez au-dessus des élus de la république. De quel droit ?
 
Jean-Bernard Papi  Mai 2017   

 


 

 
 
 
 
La terre est plate !
 
Une doctorante en géologie, sous la direction d’un maître de conférences, excusez du peu, a présenté une thèse à la faculté de Sfax en Tunisie pour démontrer que la terre était plate. Ses documents de référence : le Coran. Comme document scientifique difficile de trouver mieux et plus adapté au siècle.  J’imagine les contorsions mathématiques pour réfuter Newton, Coriolis et des centaines d’autres depuis Pythagore et Galilée… Et la NASA dont les photos sont irréfutables. Mais c’est dans le Coran, alors… Alors la thèse est refusée. La terre plate persiste toujours dans l’esprit des gens avec l’appuis promotionnel des cheiks « savants de l’islam » : Ceux qui croient que la terre est ronde sont des mécréants, disent-ils car personne ne peut tenir debout sur une terre sphérique sans tomber dans le vide.
La querelle n’est pas nouvelle. En Grande Bretagne, vers le milieu du 19ème siècle des gentlemen se sont acharnés sur un petit canal long d’une dizaine de kilomètres pour démontrer, ou infirmer, que son eau avait une courbure mesurable cohérente avec la courbure de la terre. Selon les qualités de l’atmosphère au-dessus de l’eau, -gradient de température et réfraction-  ce qu’ignoraient nos expérimentateurs, la terre à l’issue des expériences était réputée plate ou bombée. 
On ne s’étonnera pas de savoir qu’aux USA, pays du créationnisme (1), nombreux sont ceux qui soutiennent que la terre est plate. Libre à eux de croire ce qu’ils veulent à partir du moment où, comme pour le créationnisme, le « platisme » n’est pas (ou plus) enseigné dans les écoles. Mais revenons à notre doctorante en géologie qui, à mon sens, aurait dû présenter sa thèse plutôt dans le domaine de la philosophie. En effet, dans cette matière on oppose deux principes : celui de l’Idée (abstraction, concept) à celui du Réel. Si l’on veut asservir le Réel à l’Idée, cas de notre doctorante, on débouche sur les idéologies, théologies et in fine sur la politique des « ismes » et les camps de redressements. Si l’Idée se moule, s’enveloppe, se calque sur le Réel on débouche sur la science et une saine politique.
 
(1) Population qui adhère au créationnisme : 75% en Arabie Saoudite, 40% aux USA, 25% en Pologne, 9% en France...
 
Jean-Bernard Papi 25/04/17
 

 


 

 
 
14/04/17  
La passion de punir
 
 
Les prisons françaises regorgent de détenus, c’est un fait. Fleury-Mérogis est plein à 180%, et les gardiens, dans d’autres établissements, subissent des attaques de la part des détenus à une fréquence inadmissible. Ils sont là pour empêcher la racaille de se répandre dans les villes et dans les quartiers pas pour prendre des coups. Passons sur le cas des islamistes et des assassins qui sont très bien en prison. Mais que viennent y faire les 8000 peines d’emprisonnement, dont la moitié ferme, pour les conducteurs qui conduisent sans permis suite à la perte de leurs points. Ignore-t-on, à Paris, qu’on perd son emploi si on ne peut se rendre à son travail ? Un Travail souvent très éloigné du domicile. Je sais bobo mon ami, il y a le vélo, le métro, le train et l’âne ! Pratiquement tous les retraits de points sont dus à des excès de vitesse. Ce qui, au temps béni de jadis, relevait d’une simple amende. Cette avalanche de sanctions a-t-elle mieux sécurisé les routes ? Non, puisque la sorcière éplorée, plus éplorée que jamais, porte-parole de la sécurité routière pleure une augmentation de 11 morts en mars 2017 par rapport à mars 2016.  Et cela malgré une sévérité accrue des appareils de surveillance, la mise en place de tape-culs dans les villes et les villages qui font plus de dégâts à la colonne vertébrale qu’ils ne rassurent les habitants. Notre permis de conduire est un véritable examen. Retire-t-on le bac à ceux qui font des fautes d’orthographe, la licence en droit à l’avocat qui emploi un ouvrier « au noir », le doctorat de physique à celui qui perd ses appareils de mesure, etc. ?
Parlons aussi des petits délinquants, fumeurs ou vendeurs de sheets et voleurs à l’arraché, pour qui un emploi non rémunéré comme peintre en bâtiment à la discrétion des ministères serait aussi efficace qu’un séjour en tôle avec la racaille. Ajoutons pour faire bonne mesure les dames du bois de Boulogne prises en flagrant délit de racolage et condamnées, ainsi que leurs clients récidivistes. Et n’oublions pas les futurs clients des procès pour inceste dont le délai de prescription va bientôt se voir repoussé aux calendes grecques. Et tout ce que l’imagination sans bornes des moralistes (1),  aussi nombreux que ceux dont le maître mot est «Il faut vous protéger» va ajouter de pièges à un code pénal déjà bien épais.  Alors les gars, on rétabli la peine de mort pour les chauffards ? Comme ça ils ne nous emmerderons plus ni en prison ni sur la route.
(1) N'a-t-on pas créé un organisme chargé de moraliser la vie publique ?  

Jean-Bernard Papi [[ARTICLE]]

 


 

 
 
On n’arrête pas le progrès chez nos amis musulmans (suite 2)
 
La sottise se rapproche de nos côtes. Kamel Daoud raconte que l’Algérie, pour ne pas être en reste avec l’Arabie Saoudite (à raser impérativement au nom de Dieu !), accuse un jeune étudiant, Anouar Rahmani, de blasphème. Il aurait écrit un roman en arabe et l’aurait publié sur internet. Naturellement je n’ai pas lu le bouquin mais si j’en crois Kamel Daoud, et pourquoi je ne le croirais pas, « il raconte des histoires de Dieu, de fou, de chewing-gum et autres tabous ». Ce qui a suffi pour le convoquer à la police qui transmettra le dossier à un tribunal au nom de l’article 144 bis qui puni le blasphème à l’islam. C’est une première. L’État algérien qui se porte aussi bien que son président, tend les bras aux islamistes de l’ex FIS (Front Islamiste du salut). Lesquels, c’est bien connu, ont beaucoup soufferts de la colonisation française.
Qui se souvient qu’en 1766, pour des raisons restées obscures mais en lien avec les philosophes, et malgré l’interdiction de Louis XIV de considérer le blasphème comme relevant de la peine de mort, le chevalier de la Barre âgé de 20 ans fut condamné à la torture, à avoir la langue arrachée et à être décapité comme « Impie, Blasphémateur, sacrilège exécrable ». Seul Voltaire et un évêque prirent sa défense, en vain.
Méfie-toi Kamel mon frère. Tes « Indépendances » pourraient te valoir dans pas longtemps une condamnation à mort et je ne vois pas qui, ici ou là-bas, prendrait ta défense. Car Alexandre Vialatte disait : "C'est comme ça qu'Allah est grand."
 
Jean-Bernard Papi  03/2017

 


 

 
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