Jean-Bernard Papi, romancier, essayiste, nouvelliste et poète

                                        Il n'y a de recette de jouvence que le rire.
                       Partageons nos plaisirs. Vous lisez ! J'écris !      

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La solitude du joueur de foot.
 
 
  Je suis là, solide, planté comme un roc dans la ligne d’arrières. Le coach me dit toujours : Mamadou, là où tu es, c’est comme s’il y avait un roc. Un journaliste pourri a écrit que je ne parcourais guère plus de soixante mètres durant tout un match : Deux pas vers l’avant quand un adversaire se pointe et deux pas vers l’arrière pour retrouver mon poste. Moi je pense plutôt que je cours au moins six cents mètres, pas six kilomètres tout de même, mais au moins six cents mètres. Mais je suis comme un roc : c’est le coach qui le dit, et un roc ne se déplace pas facilement. Est-ce que je stoppe l’adversaire quand il a la mauvaise idée de vouloir s’approcher des buts ? Heureusement, on est souvent deux pour l’arrêter, nous nous portons assistance mutuelle à charge de revanche. Et si l’arbitre ne regarde pas je lui marche sur le pied, crac ! Un roc sur le pied ça fait mal, c’est moi qui vous le dit ! Dès fois je le bouscule à la loyale, d’un coup d’épaule et souvent il riposte d’un autre coup d’épaule quand je ne m’y attends pas. Enfin, quand je ne m’y attends pas vraiment ; dans ce cas je tombe et me roule par terre en gémissant. À la brésilienne. C’est impressionnant et la foule hurle. J’obtiens un coup franc, ça dégage notre arrière. Le coach dit que je ne suis pas assez attentif au ballon. Je le suis des yeux, mais parfois je rêvasse : Quelle voiture acheter avec ma prime : Ferrari, Bentley ? Le coach dit d’y aller mollo avec les bagnoles, c’est dur pour un smicard de nous voir parader dans des autos qu’il ne pourra jamais s’acheter. Je ne vais pas me payer une Twingo tout de même… J’ai un coach personnel qui gère mon argent, c’est aussi un ami. Il me conseil de me marier. Ce ne sont pas les filles qui manquent mais je n’ai pas le temps. Il y a ma carrière… Nous les franco-africains on est très bon en sport, et dans tous les sports. Le coach dit que les africains sont puissants et résistants et que s’ils avaient un peu plus d’argent ils seraient les meilleurs du monde. Soit, mais en foot les équipes d’Afrique ne brillent pas particulièrement, il faut le reconnaître, malgré leur puissance et leur résistance. Un journaliste camerounais a dit un jour que l’équipe de France de foot c’était finalement l’équipe africaine qui avait le mieux réussi.
  Je suis là, planté sur mes deux jambes, à mon poste dans la ligne d’arrière. Comme un roc. Mamadou, il n’y a que toi et tes potes pour arrêter une attaque, comme des rocs ! dit le coach.
 
Jean-Bernard Papi ©

 


 

 
 
   
L’islamisme des années 80/90.
 
    Avant que ne se déclenchent les attentats en Europe et bien avant l’établissement de l’Etat islamique (DAESH) il se passait dans notre pays des événements en rapport avec l’islamisme qui auraient dû nous interpeller. J ’ai reçu la lettre suivante d’un camarade qui, en 1984/85, fut en contact avec l’un de ces pré-islamistes, si on me permet ce terme.
   « En 1984 j’occupais les fonctions de responsable des matériels techniques sur la base école des mécaniciens de l’armée de l’air à Rochefort/mer. Nous instruisions de nombreux élèves étrangers et parmi eux des marocains. Ces derniers disposaient, à demeure, d’un sous-officier d’une quarantaine d’années appartenant à l’armée de l’air marocaine dont le rôle était de faciliter leur vie sur la base-école. Un jour celui-ci vient me voir dans mon bureau. Je le connaissais un peu pour avoir facilité plusieurs fois son travail. Il me déclara sans préambule qu’il quittait l’armée de l’air pour la vie civile sans se prévaloir d’une mise à la retraite.  Par courtoisie je lui en demandais la raison.
   – Je suis payé au tarif d’un adjudant-chef de mon pays, or en France la vie est beaucoup plus chère qu’au Maroc et je ne joins pas les deux bouts. J’ai une famille nombreuse et des dettes. Je vais aller travailler avec mon frère à Saint Nazaire, il possède des amis qui peuvent m’aider et il tient un petit restaurant.
  Je lui demandais quelles sortes d’amis pouvaient l’aider ; je redoutais qu’il ne fréquente des voleurs ou des gens du même acabit.
   – Ce sont des hommes pieux, me répondit-il évasif… Puis : Avez-vous lui le Coran ? Tout, absolument tout est dans le Livre.
  Je lui répondis que je ne l’avais pas lu. Il promit de m’en offrir un. Avec enthousiasme il m’énuméra ce que contenait le Coran d’après « les hommes pieux » qui l’avaient étudié. Il s’exaltait notablement au fur et à mesure qu’il me citait les merveilles du Livre.  L’électricité et les lampadaires, les avions, les piles électriques, les fusées, le téléphone, la télévision… C’est dans le Coran. Tout ce que l’Occident a inventé c’était déjà dans le Coran et vous n’avez fait que puiser vos idées dans notre livre saint.
  – Dans ce cas pourquoi ne pas avoir inventé vous-mêmes tout ça ? dis-je en me retenant de rire.
  – Parce que le Prophète méprisait ces choses matérielles et qu’il préférait le spirituel répondit-il d’un ton convaincu. L’Occident s’est fatigué à les créer et nous en profitons aujourd’hui. Nous avons l’argent du pétrole, un cadeau de Dieu, pour tout acheter.
   Deux jours plus tard j’avais mon Coran. J’ai eu beau le feuilleter et même le lire je n’ai pas trouvé trace d’avions, de téléphones et de lampadaires...  Je ne savais pas lire entre les lignes. »  
 
Frustrations et argent pour servir d’appât ? un classique pour recruter les âmes faibles. Le dernier Shah d’Iran voulait faire entrer de force son pays dans la modernité, on sait ce qu’il en est advenu.
 
Jean-Bernard Papi juin 2017
 
 

 


 

 
 
  
 
 
Hommage à Jean-Jacques.
 
  Qui est Jean-Jacques Bourdin, ou plutôt comment le définir par son métier ? C’est un journaliste polémiste qui exerce son activité le matin de 6 à 10 heures les jours ouvrable sur RMC. « Un polémiste cherche moins à peser équitablement le pour et le contre d'une situation qu'à montrer de façon aussi violente que possible ce qu'elle a d'anormal » affirme Wikipédia.
   Comment s’y prend-il ? Une interview, ou plusieurs, d’une (ou plusieurs) personnalité lui donne le sujet de la journée ou des jours suivants selon la richesse des événements du moment. Dans l’interview, il pose toujours une question qui n’a pas de rapport, ou très peu, avec l’activité de son interlocuteur : « Que pensez-vous de… ». La réponse, souvent boiteuse, va lui servir ensuite soit dans le cours de l’émission, soit plus tard, pour lancer une polémique du genre : « Untel a dit que… ». À réponse boiteuse polémique boiteuse. Il ne lui reste plus qu’à faire dialoguer les auditeurs et un « expert ». En général l’expert invité s’en tient à des réponses simples et de bon sens dans lesquelles émergent parfois quelques vérités prudentes.
   L’auditeur qui téléphone pour donner son avis, un avis binaire et brut de fonderie, ne s’embarrasse pas de circonlocutions et va droit au but. Il affirme à l’aide de sophismes qui ont toute l’apparence de vérités de comptoir, mais qui en réalité débouchent les trois quarts du temps sur un argument totalement faux. Quand il ne se prend pas les pieds dans le tapi en développant d’entrée un argument opposé à ce qu’il voulait démontrer. Tout fier d’être choisi pour « parler à la radio » il monopolise le micro, en l’occurrence la ligne téléphonique, le plus longtemps possible. J’ai remarqué qu’il y avait pléthore de chauffeurs routiers et d’accents du midi parmi ces gens. Ceux qui m’amusent le plus sont les individus qui se plaignent de l’action du gouvernement et qui, la réponse m’étonnera toujours, ne votent jamais.
   Allons plus loin. Je suis français. En fonction de quoi je lui conteste, à lui et aux autres journalistes -ils sont plus de 30000- le droit de parler en mon nom. Quand il dit : « Les français veulent (ou doivent) savoir ! » à un interviewé qui esquive et renâcle, c’est se cacher derrière notre dos pour exiger. Les français qui veulent savoir, comme vous dites messieurs, s’informent sans passer par X ou Y. En vous arrogeant le droit de parler au nom de tous, vous vous placez au-dessus des élus de la république. De quel droit ?
 
Jean-Bernard Papi  Mai 2017   

 


 

 
 
 
 
La terre est plate !
 
Une doctorante en géologie, sous la direction d’un maître de conférences, excusez du peu, a présenté une thèse à la faculté de Sfax en Tunisie pour démontrer que la terre était plate. Ses documents de référence : le Coran. Comme document scientifique difficile de trouver mieux et plus adapté au siècle.  J’imagine les contorsions mathématiques pour réfuter Newton, Coriolis et des centaines d’autres depuis Pythagore et Galilée… Et la NASA dont les photos sont irréfutables. Mais c’est dans le Coran, alors… Alors la thèse est refusée. La terre plate persiste toujours dans l’esprit des gens avec l’appuis promotionnel des cheiks « savants de l’islam » : Ceux qui croient que la terre est ronde sont des mécréants, disent-ils car personne ne peut tenir debout sur une terre sphérique sans tomber dans le vide.
La querelle n’est pas nouvelle. En Grande Bretagne, vers le milieu du 19ème siècle des gentlemen se sont acharnés sur un petit canal long d’une dizaine de kilomètres pour démontrer, ou infirmer, que son eau avait une courbure mesurable cohérente avec la courbure de la terre. Selon les qualités de l’atmosphère au-dessus de l’eau, -gradient de température et réfraction-  ce qu’ignoraient nos expérimentateurs, la terre à l’issue des expériences était réputée plate ou bombée. 
On ne s’étonnera pas de savoir qu’aux USA, pays du créationnisme (1), nombreux sont ceux qui soutiennent que la terre est plate. Libre à eux de croire ce qu’ils veulent à partir du moment où, comme pour le créationnisme, le « platisme » n’est pas (ou plus) enseigné dans les écoles. Mais revenons à notre doctorante en géologie qui, à mon sens, aurait dû présenter sa thèse plutôt dans le domaine de la philosophie. En effet, dans cette matière on oppose deux principes : celui de l’Idée (abstraction, concept) à celui du Réel. Si l’on veut asservir le Réel à l’Idée, cas de notre doctorante, on débouche sur les idéologies, théologies et in fine sur la politique des « ismes » et les camps de redressements. Si l’Idée se moule, s’enveloppe, se calque sur le Réel on débouche sur la science et une saine politique.
 
(1) Population qui adhère au créationnisme : 75% en Arabie Saoudite, 40% aux USA, 25% en Pologne, 9% en France...
 
Jean-Bernard Papi 25/04/17
 

 


 

 
 
14/04/17  
La passion de punir
 
 
Les prisons françaises regorgent de détenus, c’est un fait. Fleury-Mérogis est plein à 180%, et les gardiens, dans d’autres établissements, subissent des attaques de la part des détenus à une fréquence inadmissible. Ils sont là pour empêcher la racaille de se répandre dans les villes et dans les quartiers pas pour prendre des coups. Passons sur le cas des islamistes et des assassins qui sont très bien en prison. Mais que viennent y faire les 8000 peines d’emprisonnement, dont la moitié ferme, pour les conducteurs qui conduisent sans permis suite à la perte de leurs points. Ignore-t-on, à Paris, qu’on perd son emploi si on ne peut se rendre à son travail ? Un Travail souvent très éloigné du domicile. Je sais bobo mon ami, il y a le vélo, le métro, le train et l’âne ! Pratiquement tous les retraits de points sont dus à des excès de vitesse. Ce qui, au temps béni de jadis, relevait d’une simple amende. Cette avalanche de sanctions a-t-elle mieux sécurisé les routes ? Non, puisque la sorcière éplorée, plus éplorée que jamais, porte-parole de la sécurité routière pleure une augmentation de 11 morts en mars 2017 par rapport à mars 2016.  Et cela malgré une sévérité accrue des appareils de surveillance, la mise en place de tape-culs dans les villes et les villages qui font plus de dégâts à la colonne vertébrale qu’ils ne rassurent les habitants. Notre permis de conduire est un véritable examen. Retire-t-on le bac à ceux qui font des fautes d’orthographe, la licence en droit à l’avocat qui emploi un ouvrier « au noir », le doctorat de physique à celui qui perd ses appareils de mesure, etc. ?
Parlons aussi des petits délinquants, fumeurs ou vendeurs de sheets et voleurs à l’arraché, pour qui un emploi non rémunéré comme peintre en bâtiment à la discrétion des ministères serait aussi efficace qu’un séjour en tôle avec la racaille. Ajoutons pour faire bonne mesure les dames du bois de Boulogne prises en flagrant délit de racolage et condamnées, ainsi que leurs clients récidivistes. Et n’oublions pas les futurs clients des procès pour inceste dont le délai de prescription va bientôt se voir repoussé aux calendes grecques. Et tout ce que l’imagination sans bornes des moralistes (1),  aussi nombreux que ceux dont le maître mot est «Il faut vous protéger» va ajouter de pièges à un code pénal déjà bien épais.  Alors les gars, on rétabli la peine de mort pour les chauffards ? Comme ça ils ne nous emmerderons plus ni en prison ni sur la route.
(1) N'a-t-on pas créé un organisme chargé de moraliser la vie publique ?  

Jean-Bernard Papi [[ARTICLE]]

 


 

 
 
On n’arrête pas le progrès chez nos amis musulmans (suite 2)
 
La sottise se rapproche de nos côtes. Kamel Daoud raconte que l’Algérie, pour ne pas être en reste avec l’Arabie Saoudite (à raser impérativement au nom de Dieu !), accuse un jeune étudiant, Anouar Rahmani, de blasphème. Il aurait écrit un roman en arabe et l’aurait publié sur internet. Naturellement je n’ai pas lu le bouquin mais si j’en crois Kamel Daoud, et pourquoi je ne le croirais pas, « il raconte des histoires de Dieu, de fou, de chewing-gum et autres tabous ». Ce qui a suffi pour le convoquer à la police qui transmettra le dossier à un tribunal au nom de l’article 144 bis qui puni le blasphème à l’islam. C’est une première. L’État algérien qui se porte aussi bien que son président, tend les bras aux islamistes de l’ex FIS (Front Islamiste du salut). Lesquels, c’est bien connu, ont beaucoup soufferts de la colonisation française.
Qui se souvient qu’en 1766, pour des raisons restées obscures mais en lien avec les philosophes, et malgré l’interdiction de Louis XIV de considérer le blasphème comme relevant de la peine de mort, le chevalier de la Barre âgé de 20 ans fut condamné à la torture, à avoir la langue arrachée et à être décapité comme « Impie, Blasphémateur, sacrilège exécrable ». Seul Voltaire et un évêque prirent sa défense, en vain.
Méfie-toi Kamel mon frère. Tes « Indépendances » pourraient te valoir dans pas longtemps une condamnation à mort et je ne vois pas qui, ici ou là-bas, prendrait ta défense. Car Alexandre Vialatte disait : "C'est comme ça qu'Allah est grand."
 
Jean-Bernard Papi  03/2017

 


 

 
 
 
 
 
Barkhane, où en sommes-nous ?
 
   Prévues pour rester six mois -Qui a bien pu faire une prévision aussi nulle ? - les troupes françaises au Mali entament leur cinquième année de présence et leur domaine d’action déjà vaste dans un pays 20 fois la France, s’étend maintenant au Nigéria à la recherche de Boko harram. Mais tout ne va pas bien « dans le meilleur des mondes possibles » : nos soldats, à brève échéance, risquent fort de continuer à se battre à mains nues tant les matériels s’approchent à grande vitesse de l’instant zéro où ils seront cloués au sol par manque de pièces de rechange (non prévues à l’origine) ou pour être arrivés au bout du rouleau. Certains ont 30 et 50 ans d’âge, voire plus. Quelques journaux spécialisés en ont fait état, mais l’information tarde à pénétrer le grand public obnubilé par les campagnes électorales en cours. De toute manière les journalistes télé et grands médias ne savent rien ou ne s’intéressent pas à leurs soldats, sauf à les filmer dans la rue en tenue léopard.
   Notre armée est une armée « coup de poing » faite pour des opérations chocs et rapides. De plus elle s’appuie, faute d’hommes en quantité (absence du contingent et restrictions budgétaires) sur l’intervention et l’utilisation de matériels sophistiqués : Rafale, avion ravitailleur C135, transports de troupe Transall et A400M Atlas ce dernier avec d'énormes difficultés sur les moteurs bien que neuf, hélicoptères d’attaque Tigre et Gazelle, véhicules de l’avant blindés (VAB), chars Leclerc… Si dans une guerre de mouvement de type 1940 on peut se permettre d’abandonner sur place un char devenu inutilisable, dans une guérilla dans laquelle l’adversaire est très mobile, et à peu de frais, il n’est pas question d’abandonner un matériel couteux déjà en peu d’exemplaires. Devant notre armée poids lourd sur les rotules, les djihadistes, in fine, ne pourront que gagner. État des lieux :
L’opération Barkhane en quelques chiffres (bilan au 01/08/2016) Sous toutes réserves.
- 3,5 millions de km parcourus par les drones Reaper, soit 9 fois la distance terre -lune.
- 6.500 m3 de carburant délivré par les avions ravitailleurs C135.
- 33 354 personnes acheminées par les avions de transport tactique de l’armée de l’air soit l’équivalent de 40 régiments de l’armée de terre, 5.350 tonnes de fret transporté.
- 300 personnes, malades ou blessées évacuées par les aéronefs de l‘Armée de l’air.
  Hélas ! En 2014 seul un tiers des hélicoptères de l’armée de terre était en état de vol !...  C’est le talon d’Achille de l’armée française : du fait de l’organisation complexe de la maintenance et de l’usure accélérée liée aux opérations extérieures, le taux de disponibilité (1) des avions et des hélicoptères est particulièrement préoccupant, voire catastrophique pour l’hélicoptère d’attaque Tigre notamment. En 2014 : 17,4 % de disponibilité seulement pour les Tigre soit 1 sur 6 ! La situation n’est guère meilleure pour l’hélicoptère de transport NH 90 en version marine : seulement 33 % en 2014. La marine dispose de 17 machines dont 10 en entretien, le 17ème NH 90 ne peut pas voler à cause d’un problème mécanique, ce qui est totalement inacceptable pour un appareil neuf, s’émeut le député rapporteur du budget de la marine. Même si la moyenne générale globale est de 38% de disponibilité pour les hélicoptères de l’armée de terre, nos capacités d’intervention sont très bridées par ces très faibles taux de disponibilité... On ne dispose pas des chiffres correspondants pour le détachement de l’Escadron Hélicoptère 1/67 Pyrénées (armée de l’air) à N’Ndjamena durant cette période même si l’on croit savoir que la disponibilité était meilleure. En 2016 les conditions ne se sont guère améliorées.
   La situation n’est guère plus satisfaisante du côté des avions : 28,8% de disponibilité pour le C 130 en 2014, moins que le Transall (40.1 %)... pour l’avion de patrouille maritime l’ATL -2, sur les 22 appareils de la flotte la moitié est immobilisée pour rénovation sur son site de maintenance. La maintenance, parlons-en. Même une mitrailleuse légère de type AA52 doit changer son canon pour cause d’usure en fonction de son utilisation, il en est de même des réacteurs des Mirages et autre Rafales au bout d’un temps de vol déterminé, des hélices et appareils de bord à fort taux de fonctionnement. Pour les hélicoptères de l’armée de terre cette usure, conjuguée avec leur peu de fiabilité, est aggravée par le sable qui s’infiltre partout. En outre la maintenance n’est pas simple à des milliers de kilomètres de la métropole, elle est aussi couteuse en équipages et en heures de vol.
   Le ministre de la défense conscient de l’enjeu, a lancé un plan d’urgence qui vise à atteindre un taux de disponibilité moyen de 50 % pour 2019 ! Trop tard face à l’ampleur de la tâche. En 2016, au Mali et États limitrophes, on a noté une augmentation de 150% d’attaques Djihadiste par rapport à 2015. Plus encore, les faiblesses du système créent un cercle vicieux : faute de machines disponibles, les équipages de l’ALAT (2) ne peuvent suffisamment se former. Ce qui aboutit à un manque d’équipages entraînés utilisables en opérations extérieures. Cercle vicieux dont il faut s’échapper rapidement. Mais pour cela il faut des crédits. Le président Hollande dans son discours à Bamako le 14 janvier 2017, a passé la dotation française de 20 milliards d’euros destinée aux pays africains à 23 milliards sur cinq ans. Il serait bon monsieur le Président d’en sacrifier une partie pour acheter du matériel, même chez les européens voire les américains, afin d’aider nos militaires, sinon cette manne ne servira à personne, sauf à l’EI. C’est ça ou quitter le pays pendant qu’il est encore temps. Une bonne nouvelle quand même l’avion du Président est disponible à 90%.

(1) On appelle disponibilité le fait qu'un appareil est prêt à remplir la mission pour laquelle il a été construit dans un délais de 6 heures.
(2) Armée de terre.
 
   Jean-Bernard Papi © 01/2017
Nota : Les personnes intéressées peuvent consulter le site : Zone militaire opex.360.com et les différents dossiers de www.defense.gouv.fr
Également l'article : Mali.Extension du domaine des la guerre. in Journaldumali.com & Gao : à qui profite le crime. in  Le Pays (Ouagadougou) publiés par Courrier international n° 1369 du 26/01/17 au 1er 02/17

Hélicoptères "Tigre"


 

 


 

 
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