Jean-Bernard Papi, romancier, essayiste, nouvelliste et poète

                                        Il n'y a de recette de jouvence que le rire.
                       Partageons nos plaisirs. Vous lisez ! J'écris !      

      rosalie                                  


                     La Waffen SS  (l'armée SS) 

            
 Fanion SS


 
Mon  roman « Céline, jusqu’au dernier jour http://www.jean-bernard-papi.com/celine-jusquau-dernier-jour.php» où Céline est une victime des SS  (rien à voir avec Louis Ferdinand Céline) passe rapidement sur les origines et le rôle de la Waffen SS dans la 2ème guerre mondiale. Les voici étudiés plus en détail.
Pour ceux qui s'interressent aux événement, même et surtout ceux qui concernent les simples soldats de la seconde guerre mondiale lisez sur ce site "Le journal de guerre de Laurent Papi" http://www.jean-bernard-papi.com/journal-de-guerre-de-laurent-papi.php


  

Hitler et Rhöm                          
Hitler et Rohme  1 - Origine de la 2ème guerre mondiale :
 
    Le traité de Versailles signé en juin 1919 est rejeté par la population allemande qui ne comprend pas sa brutalité et sa sévérité, le pays n’ayant jamais été ni envahi ni bombardé. Elle fera un triomphe aux soldats de retour au pays. La leçon profitera aux alliés plus tard, convaincus que la lassitude de la population et son moral est aussi importante que la victoire militaire sur le champ de bataille. Ce rejet du traité sera mis à profit par la propagande nazie et favorisera grandement le recrutement au sein de la Waffen SS naissante. Cependant tout le monde n’adhère pas à leur doctrine et les nazis lorsqu’ils participeront aux élections, dans les années précédant la prise de pouvoir d’Hitler, n’obtiendront jamais plus de 43% des voix. Plus tard, au moment de la dénazification de l’Allemagne, les alliés s’emploieront à distinguer les nazis d’opportunité et de nécessité, des nazis fanatiques comme le furent 99% des SS. Le traité de Versailles n’autorisant qu’une armée symbolique de 100.000 hommes, Hitler, faisant fi du traité, dès sa prise de pouvoir en 1933 va s’employer à réarmer l’Allemagne.


2- Genèse de la Waffen SS
    
  À l’origine, en 1923, la waffen SS n'est qu'une  simple milice (la Stabswache- ou corps de garde) chargée du maintien de l’ordre lors des meetings de la NSDAP (parti ouvrier national socialiste), elle se compose d’éléments peu sûrs et de voyous brutaux. Le premier des gardes du corps d’Hitler est un ancien boucher, lutteur de foire. Les miliciens prêtent serment d’obéissance, portent un uniforme (casquette noire, brassard à croix gammée) et ont pour insigne une tête de mort. Interdits en 1923 ils renaissent en 1925. Hitler, devenu chancelier du Reich, développe cette milice en la transformant, d'une part en une garde personnelle la Leibstandarte (Etendard/drapeau chéri) de quelques centaine d’hommes triés sur le volet.Elle deviendra en 1939 la division SS Leibstandarte Adolph Hitler forte de 20.000 hommes. C’est la première formation en date de la Waffen SS. D’autre part il impose dans chaque Länder une petite troupe de miliciens armés et bien entrainés, encadrés par d’anciens militaireschargés de la propagande nazie ce sont les SS (Schutzstaffel-escouade de protection).  
 Leur chef :  Heinrich Himmler (Photo ci-dessousfilleul du prince Heinrich de Bavière, après des études solides, il est ingénieur agronome à 21 ans. Il est un des premiers à entrer dans la SS (Matricule 168). Devenu Reichffürer le 6 janvier 1929, ou chef suprême des SS, il fonde, sur des critères de race, le Schwarze Korps (Le Corps noir ou Ordre noir) extension politique et militaire de la SS (Schutzstaffel-escouade de protection) et noyau dur de la future race des seigneurs. Seulement 2000 dans l’Ordre Noir en 1930, ils seront 210.000 en 1936 .Portrait Himmler
  « Un membre de la SS, dit-il, doit être honnête, convenable, fidèle et bon camarade envers ses  compatriotes mais pas envers les représentant des autres pays. Le destin d’un Russe, d’un  Tchèque ne l’intéresse pas… » La SS comprend désormais :
   - Une police politique (Gestapo),
  - Un service de renseignement et de sécurité (RSHA) dont le réseau d’espionnage intérieur et  extérieur (la SD) est dirigée par Heydrich puis par Kaltenbrunner.
   - L’organisation extérieure des camps de concentration et le service de la "race",
  - Une armée, la Waffen SS officiellement fondée le 2 mars 1940, et un parti dans le parti  l’Allgemeine SS (la SS Générale ou Universelle).


3La Waffen SS, mission et composition :Liebe standart

Le corps de garde, puis l’Escouade de protection (Schutzstaffel) comme son nom l’indique avaient initialement pour mission de faire régner l’ordre nazi sur les territoires conquis par la Wehrmacht. Tout naturellement, et progressivement, ils en vinrent à prêter mains forte à cette dernière en particulier pendant la campagne de Russie. On les appelait « les pompiers d’Hitler » parce qu’ils tentaient de sauver ce qui était en passe d’être détruit. Au début, les volontaires de la Waffen SS doivent prouver leur « aryenneté » depuis au moins l'an 1800, mesurer 1,74 m et être de bons nazis. Pas moins de 7 attestations différentes sont exigées (cf Jean-Luc Leleu) : Moralité, santé, scolarité, généalogique, certificat d’employeur, judiciaire...
               
Serment SS  Waffen SS, Wehrmacht (et fonctionnaires civils) prêtent serment à Hitler, et non à l’État Allemand, devant le drapeau, deux doigts de la main droite levés : « Je te jure, Adolph Hitler, Führer germanique et réformateur de l’Europe d’être fidèle et brave. Je jure de t’obéir à toi et aux chefs que tu m’auras désigné jusqu’à la mort. Que Dieu me vienne en aide. »  Les soldats de la Waffen SS, ou hommes du rang pour employer une terminologie moderne, sont issus des jeunesses hitlériennes et pour 90% sont des paysans volontaires qui y voient la possibilité d’une promotion sociale pour peu qu’ils se montrent courageux, purs et impitoyables. Citadins et bourgeois sont en proportions infimes. A l’intérieur des unités, entre officiers, sous-officiers et soldats règne une camaraderie virile qui n’exclue pas l’obéissance absolue. Tous suivent un entrainement physique très dur, pratiquent les sports de combat et l’entrainement sur le terrain avec tirs à balles réelles. L’endoctrinement politique y est aussi important que la formation militaire.
  Himmler veut une armée qui gagne « sur les champs de bataille le droit d’être les maîtres ». Les maîtres dans un Reich nazi de 1000 ans. « Dans une guerre idéologique, dit-il c’est un grand honneur de servir dans un corps national socialiste. » Au début de la guerre, le recrutement de la Waffen SS ne va pas sans heurts avec le commandement de la Wehrmacht qui mobilise tous les jeunes hommes en état de porter les armes. Himmler engagera donc des « Allemands ethniques » : Autrichiens, puis Sudètes, Silésiens, Luxembourgeois et Alsaciens au fur et à mesure de l’expansion du Reich. Déjà, bien avant la guerre il avait recruté des Américains, Suédois et Suisses alémaniques pour peu qu’ils satisfassent aux normes exigées par l’Ordre Noir. Notamment un chirurgien suisse du nom de Riedweg qui deviendra le responsable du "Bureau Germanique", rouage essentiel dans l’internationalisation de la Waffen SS. Des Français déserteurs (de l'armée française) les rejoindront dès le début de la guerre. Le bataillon SS Heimwehr-Danzig en 1938 fut la première formation  de combat à comporter une majorité de personnel non allemand d’origine.
  
 Au fur et à mesure du déroulement des opérations militaires et avec les premières défaites allemandes, la Waffen SS sera moins exigeante sur les critères de sélection et se satisfera « de type germaniques » pourvu qu’ils soient nazis et volontaires. « Tandis que le reste du Corps Noir n’en continue pas moins son existence fantastique semée de morts de plus en plus nombreux. Hitler et son bras séculier Himmler poussés par leurs voix intérieures poursuivent leurs actions politico-mystiques aux confins de la magie et de la criminalité… » Écrit Brissaud dans l’Encyclopédie Universalis.
  L’armement de la Waffen SS est grosso modo celui de la Wehrmacht, pistolet mitrailleur Schmeisser, grenades à manche, Fusils Mauser, mitrailleuse MG40 etc. La composition des unités fluctuent selon le recrutement. Á titre d’exemple la Panzer-division Das Reich en 1944 est théoriquement composée de 19000 hommes soit deux régiments de grenadiers (Deutchland et der Führer), des servants des 300 Chars Panther et Tigres (2000 hommes), de l’artillerie, de la DCA, un groupe antichar propulsé, de lance-roquettes, des canons d’assauts. Un Groupe de reconnaissance, Génie, transmission, Troupes de remplacement et les 500 hommes du Quartier Général du général de division Heinz Lammerding. Leur uniforme de parade est noir (Dessiné par Hugo Boss) la tenue de combat « vert petit pois ». Ils portent le brassard à croix gammée et les runes SS sur le col de vareuse, le calot ou le casque d’acier  
   De 100.000 hommes en 1940 (Discours du Reichstag par Hitler à la suite de la campagne de France), à la fin de la guerre les effectifs de la Waffen SS seront d’un million d’européens et de 50.000 asiates, Turkmènes, Tatars, Uzbek, Indiens et Arabes issus de 30 nations. Les pertes totales furent estimées à 350.000 morts. À la fin de la guerre, la Waffen SS compte 38 divisions dont  :
    - 18 allemandes: Das Reich, Leibstandarte ou LSSAH, Polizei, Prinz Eugen, Totenkopft, etc. ;
   -  scandinaves : Viking et Nordland ;
    - 2 
belges : Langemark et Wallonie cette dernière commandée par Léon Degrelle ;
   -  6 slaves et centraux dont Handschar et Kama  (Musulmanes);
   - baltes ;
  -  néerlandaises : Lederland et Nederland ;
  - 1 française : la division Charlemagne forte de 10.000 hommes, qui sera la dernière troupe SS à se rendre. Une trentaine de SS français mettront plus de 60 chars russes hors de combat en défendant le bunker d’Hitler. Répartis dans toutes les unités on estime à 30.000 le nombre des français qui combattront dans la Waffen SS sans compter ceux de la Gestapo et de la police.
  Les divisions Handschar composée de volontaire musulmans bosniaque et Kama composée d’albanais musulmans et de Croates bénéficient du soutien de Amin Al-Husseini, mufti de Jérusalem qui s’emploi à mener « le Djihad made in Germany ». Appuyé par le IIIème Reich il espère ainsi « embraser la région à partir de la Syrie » et stopper l’arrivée des Juifs en Palestine (suite à la décision Balfour (1917)). Ajoutons deux bandes de tueurs responsables d’horreurs sans nom notamment à Varsovie, ce sont les 6500 russes et ukrainiens de la brigade Kaminski et la brigade Dirlewanger formée de repris de justice (1064). Ajoutons les 966 « volontaires » communistes russes qui furent incorporés à la SS à l’automne 1943.
  Une partie de la division SS Totenkopf (Tête de mort) dirige le millier de camps de concentration et la dizaine de camps d’extermination inclus dans les camps de concentrations les plus importants, après avoir participé activement à la mise à mort d’un million de civils Juif et de communistes à l’arme à feu en Pologne et en Ukraine avec les groupes de l’Einsatzgruppen SS (groupe d’intervention SS). Ce que l’on appellera la Shoa par balles.
   La surveillance des camps est lucrative (bijoux, cheveux, vêtements récupérés, location de prisonniers aux usines d’armement Krupp, Flick, Quant, Siemens etc. L’IG Farben versera 20 millions de Marck pour la « location » de prisonniers durant deux ans.
  Á Sachsenhausen sur les 157.000 détenus furent récupérés 54.000 bagues 52.000 montres, 14.000 bijoux, 170.000 marks, 58.000 dollars, 46.000 pièces d’or, 7 kilos d’or en barre… Ce camp représentant 5% de l’ensemble des camps, on arrive à la somme 2.800 millions de marks pour la totalité des camps. Somme que s’est attribuée la SS.

  Le travail dans les "camps de concentration et de travail" est d’un rendement dérisoires et les travaux demandés sont exécutés en dépit du bon sens. Jamais d’ailleurs les SS n’exigeront productivité et compétitivité. Dans les camps d’extermination ils élimineront en quelques années plus de six millions d’hommes et de femmes. Y compris des prisonniers de guerre russes et hongrois. Himmler et les surveillants SS par leur incompétence d’organisateur (l’administration des camps était confiée à des  repris de justice) une gestion humaine stupide qui élimine des individus en bonne santé capable de travailler tout en en astreignant d’autres à des tâches dépourvues de sens, en s’attribuant du matériel et des matières premières (acier, matériel ferroviaire et roulant, ciment etc.) grandement utile à l’effort de guerre, portent une responsabilité importante dans la défaite allemande. Par exemple, ils élimineront des soldats russes, environ 60.000, sous prétextes qu’ils étaient slaves alors que dans le même temps ils embaucheront des Russes pour leurs usines d’armement.
    L’idée que les prisonniers des camps étaient des esclaves est fausse : l’esclave à un prix qui le rend précieux pour son maître. Les Allemands qui les employaient tenaient les prisonniers, fussent-ils ingénieurs ou savants, pour des sous-hommes inférieurs à l’esclave. Tout cela fait que en juin 1944, à l’époque du débarquement alliés dans la plus part des unités de la Waffen SS (et Wehrmacht), 30% des matériels étaient hors service et l’on manquait d’hommes et de munitions dans les mêmes proportions. Ajoutons que contrairement à la légende, les soldats de la Waffen SS au début des combats étaient d’une valeur très moyenne malgré un armement (chars et armes individuelles) meilleur que celui de la Wehrmacht. Ce n’est qu’après s’être battus sur le front de l’Est qu’ils acquerront une certaine valeur tactique.
   Il est difficile d’énumérer ici tous les crimes imputables à la Waffen SS. Citons seulement une partie de ceux qui, à la fin de la guerre, constitueront les crimes répertoriés faisant l’objet de procès. La Leibstandarte fusilla pendant trois jours des prisonniers soviétiques en 1942. La SS Totentenkopf fusilla cent prisonniers alliés en 1940 durant la bataille des Flandres. Les soldats SS de l’Einsatzgruppen (2) assassinèrent 500.000 Juifs Polonais et Ukrainiens (Ravin de Babi Yar…). 600 Juifs de Galicie furent assassinés par Wiking, 920 Juifs assassinés par Das Reich à Minsk, sans oublier Tulle et Oradour- sur-Glane. 71 prisonniers US fusillés dans les Ardennes par la Leibstandarte. Partisans yougoslaves torturés et exécutés par SS Prinz Eugen. Assassinat de 64 prisonniers canadiens et anglais par la div. SS Hitler Jugend (des adolescents de 16 et 17 ans) etc. Répressions, tortures, meurtres ont jalonnés les déplacements de la Waffen SS. Sans oublier naturellement leur participation active à la Shoa.(3)

                                                                        " Le ghetto de Varsovie n'existe plus" Genéral Jurgen Stroop.
Shoa par balle par les Le ghetto de Varsovie n'existe plus.
Einsatzgruppens
 Einsatzgruppen       
                                 Scène du Ghetto de                                         Varsovie








4 - Comment cela a-t-il pu arriver ? (Wie Konnte es geschehen).

   
Comment tous ces crimes ont-ils pu être commis par des soldats ? Redoutable question que les Allemands durant la période de dénazification au lendemain de la guerre se sont naturellement posés. Nombre de philosophes, d’historien et de chercheurs de tous crins ont tenté d’élaborer une théorie explicative. Hannah Arendt dans son livre « Le système totalitaire » y répond en partie par l’organisation à la fois floue et serrée du système nazi.
  Floue parce que les postes de commandement et de décision sont multipliés et démultipliés autour d’une mission unique. Ce qui a pour but de ramener la prise de décision finale au Führer, même pour des vétilles. Serrée parce qu’une discipline de fer corsette la pensée et aboli toute initiative. Le chef, Adolph Hitler, a toujours raison et ne peut se tromper, par conséquent tout ce qu’il ordonne doit être exécuté à la lettre sans réticence ni murmure. Befehl ist Befehl (Un ordre est un ordre) dira Eichmann. La notion même de chef (Führer) envahit toute l’organisation allemande. On est chef de bureau, chef de tramway, chef de train et toujours le chef, qui a toujours raison, couvre ses subordonnés. Hannah Arendt attribue la passivité des juifs qui étaient conduit dans les camps par le fait que dès 1933 ils furent systématiquement dévalorisés et progressivement déshumanisés.
    On peut représenter le système nazi par trois cercles. Le premier, le plus important en nombre est formé des sympathisants et partisans qui ont infiltré tous les rouages de l’Etat et de la société civile. Le second celui des dignitaires, un millier de fanatiques affectés à des postes élevés et interchangeables servent de courroie de transmission. Le troisième cercle est celui des intimes d’Hitler, une cinquantaine qui prennent toutes les décisions. Ce dernier cercle se trouve considérablement éloigné des réalités et baigne dans une mythomanie où rien n’est impossible.
   Malheur à qui contrarie le Führer. Son propre beau-frère, époux de la soeur d'Eva Braun, le SS général Fegelein sera fusillé sur son ordre le 29 avril 1945 pour avoir voulu quitter le bunker avec sa femme quelques heures avant la fin. Une autre raison tient dans le caractère même d’Hitler, son orgueil, sa mythomanie le porte à ne prendre conseil de personne. Il voit l’avenir sous la forme d’une suprématie de la prétendue race aryenne couvrant toute l’Europe et en particulier les pays de l’Est, berceau supposé des Aryens qui en furent chassés. Il envisage froidement de supprimer Russes et Polonais (170 millions d’individus) pour installer des Allemands et réinvestir ainsi le pays des ancêtres.

5- Hitler adhère aussi aux divagations ésotériques et puériles d’Himmler.

  LAhnenerbe (héritage des ancêtres) fondée par Himmler est une organisation pseudo scientifique dont le but est de démontrer la supériorité de la race aryenne et ainsi créer l’Urgermane, l’homme d’essence divine, guerrier invincible, résistant au froid et doté de facultés surnaturelles. L’Ahnenerbe recherchera avec sérieux la religion originelle des Aryens dans les gravures pariétales du Bohusland suédois.
  La partie médicale de cette Ahnenerbe dirigée par le SS docteur West, recteur de l’université de Munich suit de près les expériences « spéciales » menées par les médecins SS des camps, les Mengele et consort.
   Hitler et ses proches  approuvent aussi la théorie de la Glazialcosmogonie d’Hörbiger, cosmogonie représentée par une lutte cyclique du feu et de la glace, le mythe de Thulé et d’Hyperborée, celui des êtres souterrains, les Vril-Ya. Autant de fables qui renforcent les certitudes des hauts dignitaires sur l’origine exceptionnelle des Aryens, peuple du froid, et leur hégémonie sur les autres hommes. En tout état de cause les unités de la Waffen SS et de la Wehrmacht envoyées en Russie n’auraient jamais dû souffrir du froid. Des Supérieurs inconnus nés d’une antique civilisation (venus d’Aldébaran selon Himmler) devaient se manifester pour aider les SS à changer l’humanité ! Echec là aussi !

6- En résumé 
 
 La mégalomanie et les convictions idéologiques des dirigeants nazis, l’organisation poussée de l’industrie de la mort à laquelle toute l’Allemagne participera, le mépris des peuples non germaniques, en premier lieu des Juifs, Tziganes et Slaves qualifiés de sous-hommes, l’obéissance aveugle aux ordres (car le chef ne peut se tromper), l’éparpillement des centres de décision et leur fractionnement extrême qui décharge chacun de ses responsabilités, sont les bonnes réponses à la question : Comment cela a-t-il pu arriver ?
   Ont-ils été punis suite aux crimes de guerre ? Quelques-uns ; trop peu. Lammerding commandant de Das Reich à l’époque d’Oradour-sur-Glane fut condamné à mort par contumace à Bordeaux en 1948 mais mourut dans son lit en 1971 à Munich. Nombre d’officiers SS se sont réfugiés à l’étranger en Amérique du Sud et dans les pays arabes comme l’Egypte aidés par des prélats du Vatican et des moines Croates qui leur fournirent papiers et argent. Cependant en Allemagne les crimes de guerre contrairement à la France, sont imprescriptibles. Les meurtriers des 124 habitants de Maillé en Indre et Loire (œuvre de la Waffen SS ou de la Wehrmacht ?) assassinés le 25 août 1945 seront forcément connus un jour ou l’autre. Quelques SS se retrouvèrent dans la Légion étrangère française dont les chants, même dans les années 1960 rappelaient furieusement les chants nazis.                                                

 ©  Jean-Bernard Papi 2009


Bibliographie :
- Bréviaire de la haine  de Léon Poliakov
- Histoire des Français sous l'occupation d'Henri Amouroux
-Historia hors série n°21, n°226,232,231 et 223
- Wikipédia et l'Encyclopédie Universalis ainsi que de nombreuses revue comme la Gazette des armes et les Dossiers Secrets du 3ème Reich.



ANNEXE
  (1)Himmler : Capable de fournir un immense travail mais comme un automate routinier, son fanatisme  est profond, tumultueux et sincère. Il croit à ce qu’il dit et ne recule devant aucun crime pour réaliser les objectifs que lui fixe son Führer.« Froid, calculateur, avide de pouvoir, mauvais génie de Hitler, l’individu le plus dénué de scrupules du IIIème Reich » dira de lui le Gal Friedrich Hossbach.         

  ( 2) Dans les premiers mois de l’année 1942 les groupes d’extermination font leur bilan :Einsatzgruppe A : 229052 exécutions.
 EinsatzgruppeB 45467 Juifs exécutés.
 Einsatzgruppe C 95000 Juifs.
 Einsatzgruppe D 92000.
« Toutes actions réalisées sans incidents » dira Otto Ohlendorf à son procès. Derrière les Einsatzgruppe passent des régiments de SS chargés de compléter l’extermination. En un mois le SS Jeckeln annonce 44125 exécutions.
 
(3) L’ordre du Führer pour les pays occupé est clair « Il faut détruire sans merci toute opposition passée, présente et future au national socialisme. »