Jean-Bernard Papi, romancier, essayiste, nouvelliste et poète

                                        Il n'y a de recette de jouvence que le rire.
                       Partageons nos plaisirs. Vous lisez ! J'écris !      

                                        Y a plus de saisons.

 

 
 



 

 Suite à "Controverse sur le climat"(le-climat-.php
    Essai sur le doute scientifique.












   
  Le temps, affirmait le major W. Marmaduke Thomson (Les carnets du major Thomson de Pierre Daninos), fournit l’essentiel des conversations dans les îles Britannique... Eh bien major, en France et dans le reste du monde aussi. La planète se réchauffe lit-on partout, et à qui la faute ? À nous pauvres humains bien entendu. À cause de nos autos, celles que l’on nous montre à la télé en lignes sur trois rangs, plus immobiles dans les embouteillages que les radis de votre jardin. Honte sur nous automobilistes qui n’avons rien de mieux à faire que de cracher du CO2 (gaz carbonique) et NOx oxyde d'azote) sous le regard chargé de reproches des caméras -de ceux qui sont derrière naturellement-, et ce, sur les si jolies routes et autoroutes de France qui seraient encore plus jolies si nous n’y étions pas. Certains maires ont pris les devants en équipant leurs rues de tape-culs destinés à éloigner le touriste, à démolir la mécanique et à vous broyer les reins. Ceci dans le but éminemment louable de nous faire passer au loin, sinon de nous faire rouler en première. Bien entendu il y a aussi les usines qui fument noir, en particulier celles qui brûlent du charbon pour fournir de l’électricité, ou de l’eau chaude, les avions, les bateaux etc. Il y a aussi les volcans en état de marche qui crachent un tas de saloperies, autant dans une journée que toutes les autos des Etats-Unis. Pendant plusieurs années le nuage de poussière émis par un volcan obscurcit l’atmosphère et empêche les rayons du soleil d’atteindre le sol. Je ne citerai pas les volcans responsables, voyez avec wikipédia.
  Donc la terre se réchauffe et c’est de notre faute. Si elle se réchauffe, le bouleversement climatique qui s’en suivra sera catastrophique, clament certains, ce qui est indubitable ne serait-ce qu’en raison de la fonte des glaces et de la montée des eaux. Mais se réchauffe-t-elle vraiment ? Ce sont les savants qui le disent et, si rien n’est fait pour s’y opposer, la catastrophe devrait avoir lieu vers 2100. Est-ce qu’un savant peut faire une prédiction fiable et valable pour les cents années à venir ? Dans l’état actuel du débat et en fonction des connaissances sur le climat, même aidé d’une flopée d’ordinateurs, un savant n’a pas plus de moyens de prévoir une catastrophe climatique qu’un postier ou un notaire chez lui. Un seul savant, au début du XXème siècle, a-t-il prévu la bombe atomique ? Internet ? Le Sida ? Le décryptage du génome humain ? Concorde à mach2 ? l’assèchement de la mer d’Aral ? L’électronique et la robotique dans son ensemble ? Arthur C. Clarke (auteur de 2001 l’Odyssée de l’espace) dans son livre « Profil du futur » (Éditions Retz) pose la question, sans y répondre.
  Une journaliste à la radio, dans les années cinquante, Geneviève Tabouis, commençait toujours ses éditoriaux hebdomadaires par « Attendez–vous à ce que... » Hélas ses prévisions, à très court terme pourtant, ne se réalisaient jamais ou très rarement. C’est qu’il est très difficile, voire impossible, en politique comme en sciences humaines de tenir compte de tous les paramètres qui influent sur un système complexe donné. Nous modélisons le climat, disent les climatologues. La belle affaire, affirment leurs contradicteurs puisque le modèle ne donne pas les résultats que l’on observe en temps réel, aujourd’hui même. « Si la terre s’est réchauffée au cours des vingt dernières années, l’atmosphère, elle, s’est refroidie », peut-on lire dans un article du New Scientist, et « l’hémisphère Sud, moins industrialisé devrait moins se réchauffer que le Nord, or c’est le contraire que l’on observe. » ou encore « les modèles ignorent les nuages ».
  Bref un modèle n’est qu’une suite d’équations dans lesquelles les inconnus et les constantes à mettre en place, pour ce qui est du climat, peuvent aboutir à des solutions tantôt positives, tantôt négatives selon celui qui les choisit . Ne parlons pas des statistiques et surtout des données fiables sur l’évolution de la température en France, ou en Europe voire dans le monde, elles ont cent ans au plus d’existence et qu’est-ce que cent ans en regard des soixante-dix mille ans reconnus à l’homo sapiens.
  Principe de précaution clament certains ; il est préférable de prévoir un danger plutôt que d’être surpris lorsqu’il arrive. Peut-être, mais le principe de précaution cache parfois le vide de la pensée et plus grave, hélas, une volonté de l’imposer. C’est au nom du principe de précaution que l’église chrétienne brûla ses hérétiques et condamna ses savants. « L’usage des chemins de fer est dangereux pour les hommes et les animaux » disaient quelques médecins précautionneux au siècle dernier. C’est gros évidemment... Aujourd’hui ! Mais crédibles à l'époque. Citons aussi Condorcet qui annonce que « les guerres et les révolutions deviendront dans l’avenir moins fréquentes » ou Rousseau qui prévoyait la ruine de l’Angleterre pour 1780, et plus près de nous ceux qui annonçaient des centaines de millions de morts du fait de l’épidémie de Sida. Cessons de considérer les savants comme des prophètes qui ne peuvent par essence se tromper, surtout dans des domaines aussi flous que la météorologie. Je ne mets pas en doute la sincérité des savants, mais sincérité n’est pas vérité.
  Applaudissons aussi à la sottise de l’amplificateur médiatique qui pour trois morts dénonce une épidémie sans précédent et à la suite d’une tempête absolument normale mais peu courante, annonce le déluge. C’est à croire que certains journalistes n’ont ni sang-froid, et surtout ni culture. Tempête récente, certes, qui coucha des forêts mal ou pas du tout entretenues et jeta au sol ce que les propriétaires dans leur jardin auraient dû déblayer depuis longtemps. Il faut abattre les vieux arbres, c’est une loi naturelle. Les incendies de forêts qui coûtent si chers en vies de pompiers sont aussi une bénédiction pour les forêts qui trouvent ainsi le moyen de faire de la place pour les jeunes arbres. Tous les ingénieurs des eaux et forêts vous le confirmeront. Quand nous nous étonnons, et nous apitoyons, sur les dégâts que les inondations provoquent sur un habitat placé au bord des fleuves, c’est faire injure au bon sens. « La population augmente et il faut bien la loger quelque part » dit-on.  Et le paysage est plus joli au bord  de l'eau. Les meilleures places, en hauteur et éloignées du cours des rivières sont occupées depuis des siècles. Peut-être faudrait-il aujourd’hui, principe de précaution, raser et remodeler les zones inondables comme le fit le baron Haussmann pour le Paris du moyen-âge sous le second empire.
  Nous agissons comme si l’environnement était un produit devant répondre à certains critères de qualité. La pollution, disait Bertrand de Jouvenel est positive puisqu’elle induit du travail pour s’en défaire. Même une marée noire n’a rien de catastrophique, si l’on considère la côte en dehors de tout point de vue sentimental et touristique. Le pétrole disparaît de lui-même au bout de quelques années. Nos côtes ont vu s’engloutir des villes, se modifier les reliefs, reculer la mer pour laisser les ports à pied sec, voir à ce propos Brouage en Charente maritime. La montagne n’est pas exempte non plus de coups tordus et l’homme n’est pour rien dans les glissements de terrain et tremblements de terre. L’énergie déployée par un banal orage est équivalente à celle de plusieurs bombes atomiques. Cela relativise nos prétentions à nous placer toujours au centre de l’événement. Celui qui, à bord d’un modeste avion survole en basse altitude notre pays selon une ligne allant des Alpes à la côte Atlantique est toujours étonné de voir si peu d’habitations, si peu de villages et tant de forêts et de champs. Et si vous survolez l’océan alors vous vous rendez compte combien nos villes, même les plus grosses sont minuscules face à l’étendue des eaux. Et nous-même bien insignifiants dans tout ça.
  Alors quoi, catastrophe climatique ou pas catastrophe ? Luc ferry, dans un article paru dans l’express en février 1993 cite, parmi les sceptiques Haroun Tazieff et Claude Allègre, ce dernier très réservé sur la question ainsi que Yves Lenoir, un écologiste (La vérité sur l’effet de serre. Éd. La découverte) qui affirme qu’il s’agit là « de la plus grande manipulation planétaire des deux dernières décennies »(1). Avec la disparition de la Guerre des étoiles, explique-t-il, le lobby des sciences appliquées a été contraint de trouver d’autres programmes sous peine de chômage et quoi de plus fédérateur que la climatologie. (Voir le major Marmaduke Thomson ci-dessus). Ce qui fait aussi l’affaire des grands groupes internationaux chargés de l’intendance, CFC de remplacement, automobiles moins polluantes etc. Ce qui, j'en conviens, est tout à fait positif.
  La (mauvaise) science voudrait prendre la place des religions, avoir ses grandes messes et prédire l’avenir avec parfois la voix apocalyptique de Saint Jean. Elle a aujourd’hui ses églises, ses grands prêtres et ses petits curés. Le Dalaï lama a dit un jour que l’homme aujourd’hui est beaucoup trop préoccupé d’environnement et pas assez de vie intérieure. C’est vrai que la science, qui vise aussi le bonheur de l’homme mais pas par les mêmes moyens, a expliqué bon nombre de phénomènes prétendument surnaturels ou relevant de Dieu.  Mais il n’est pas souhaitable, à mon sens de lui donner un pouvoir politique ; le savant pur et désintéressé est une légende. Carriériste souvent et plus Picsou que Geo Trouvetout-.
  L’homme est responsable de bien des destructions dans la nature, dit-on partout, comme si la nature était un jardin botanique. Laissez croître à leur guise les herbes et les arbres, laissez les colonies de moustiques et autres insectes se développer et vous verrez qu’en peu de temps la vie deviendra impossible au cœur de cette bataille pour la survie. Et puis pour être juste, il conviendrait aussi de comptabiliser les réalisations, les acquisitions qui nous font vivre trois fois plus longtemps, en moyenne, que l’homme préhistorique. En vertu des lois de l’évolution, il est normal aussi que les espèces les plus faibles disparaissent. On ne connaît vraiment qu’un seul animal disparu par la seule faute de l’homme, c’est le Dodo, chassé à outrance parce que trop bon à manger. Pour le reste, il y a toujours eu plusieurs facteurs de destruction et il faut savoir que nombre d’espèces protégée  le sont d’abord par soucis politique, le Panda par exemple, pour faire plaisir à l’électorat chinois, et j’ai bien peur que les conférences sur le climat soient de la même farine. Je ne saurais trop conseiller aux esprits influençables d’éteindre leur télé au moment des informations. Lesquelles informations devraient être diffusées à dix heures du matin et à cinq heures de l’après-midi au lieu des heures de repas. Lit-on le journal en mangeant ? Si oui quelle vulgarité doublée d'un manque de savoir vivre. Et au restaurant ? Et puis quoi, nous devrions nous souvenir que les civilisations sont mortelles, la nôtre comme celle des Romains, des Perses, des Egyptiens etc. Et en vertu du principe de précaution il serait bon que l’on charge des savants d’étudier la mortalité des civilisations avant que le ciel nous tombe sur la tête, n’est-ce pas ? 
   Mon oncle, dans les années 60 était un communiste convaincu et confondant. Convaincu parce qu’il pensait que puisque les gens qu’il admirait lui assuraient que le communisme représentait l’avenir de la planète, il n’y avait plus à réfléchir ou à discuter, c’était une évidence. Confondant parce que plutôt ignare et sans culture, il donnait l’impression d’avoir compris Marx et Engels sans en avoir lu plus d’une page entière. C’était son idéologie, son acte de foi, et il mettait toute son énergie à convaincre les autres. Vivre sous la loi du communisme représentait, pour lui, le bonheur parfait sur terre. Ainsi ces gens qui vous parlent d’écologie le font avec cette même foi du charbonnier. X et Y l’ont dit, alors c’est vrai. X représentant un politicien américain issu de cette élite du pouvoir dont on peut, tous les jours admirer l’altruisme. Y étant un présentateur de télévision dont le savoir repose sur ses promenades sous-marines avec micro et tuba. Certes un grand argentier américain, Nicholas Stern, a calculé ce que coûtera le réchauffement climatique mais ce calcul ne prouve pas qu’il aura lieu.
   L’encyclopédie Universalis à la rubrique climat prévoit une glaciation dans 5.000 ans, mais passons. Le flou est aussi néfaste dans un sens que dans l'autre. Le baromètre est au beau fixe ? C’est le réchauffement planétaire. Et si nous ne sommes pas convaincus certains vont se charger de nous convaincre et à coup de baffes si nécessaire. Fascistes !  D’autres comme Claude Levi-Strauss ou Emmanuel Le Roy-Ladurie et maints historiens ont beau affirmer que les variations climatiques les plus aberrantes ont été fréquentes dans notre histoire sans que l’homme y soit pour quelque chose, ça ne fait rien, il faut battre notre coulpe et entrer à la Trappe. Eh bien moi aussi, comme eux, je vais faire un pronostic : J’affirme que dorénavant il fera froid l’hiver et chaud l’été !
 (1) De 1303 à 1860 eut lieu en France et en Europe "La petite ère glaciaire" avec des hivers d'une extrême rigueur. Durant l'hiver 1693-1694 il y eut de 1,2 à 2 millions de morts en raison du froid intense. Cette ère glaciaire succédait à "l'optimum climatique médiéval " nettement plus chaud à telle enseigne qu'il poussait alors de la vigne au Groenland. 
 
Jean-Bernard Papi ©
                                                                                               Pietr Brueghel l'ancien 1565. Paysage d'hiver Brrr
                                                          

                                  

  
  
 
 
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