Portraits de famille.
Poèmes
Cent poèmes sur vous, sur eux, sur les autres. Ennemi juré du JE nombriliste qui empoisonne la poésie d'aujourd'hui, Jean-Bernard Papi avec sa férocité habituelle et son humour grinçant nous invite à partager ses portraits de famille jamais complaisants et rarement aimables. Citons en vrac quelques vers :
Voici que Marie s'agenouille / l'écolière jolie, pour jouer du pipeau / le fait jaillir de son étui de peau / gros et rond comme une quenouille...(Faites de la musique)
Le dimanche matin, Thérèse et Lucien / s'en vont pleurer sur la tombe de Médor / au cimetière des chiens / route de Rochefort... (Canimania)
Ce sont de vieilles petites filles / blanches et grises / qui poétisent / entre photos et camomille... (Les poétesses);
Portraits de famille est en vente chez Editinter: editinter@littérature.net et à la librairie du Croît Vif paolaauthier@croitvif.com 95 pages 11,43 € tel 0546974652
La peinture en couverture est de
Marie-Claire Pajeille.
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Premier poème du recueil.
L'absent.
Les enfants disent adieu
comme l'on monte dans le train,
la mort a tant de sens qu'elle n'en conserve aucun.
C'est une vacance un peu longue,
un espace soudain devenu silencieux,
il est parti, croit-on, pour Haïphong.
Toute l'Asie cache, désormais,
l'absent définitif.
Mon ami, mon garçon, ne sois pas si naïf
les morts ont grand besoin d'un peu de nos pensées
et il est un devoir qui ne lasse jamais
c'est de faire auprès d'eux la longue traversée
sur la barque du temps
qui s'en va d'ici vers un port inconnu.
Que sont nos pères devenus ?
Que reste-t-il de ceux qui croyaient changer le monde ?
Rien. Si ce n'est ce tourment
de les sentir se perdre dans nos mémoires profondes..
Jean-Bernard Papi 1985