Patriiick !!
Patriiick !
Je me souviens des débuts de Patrick Bruel. Dès qu’il apparaissait sur scène c’étaient, chez les adolescentes, des hurlements hystériques, des gémissements à deux doigts de l’orgasme et même des pleurs d’émotion. Et ce cri de ralliement : Patriiick !! hurlé par mille poitrines comprimées par leur premier soutien-gorge acheté la veille pour célébrer la rencontre entre le dieu Patrick et son public de fidèles à peine pubères. Il y avait bien sûr quelques attardés. Des hommes qui surveillaient leur épouse, des mères frissonnantes et des grandes sœurs envoutées, voire des grands-mères, rares et pomponnées de frais, sait-on jamais, venues s’abreuver à cette fontaine de jouvence.
Les garçons grinçaient des dents dans leur coin. Qu’est-ce qu’il avait de plus que nous ce guitariste à la noix ? Une silhouette un peu tordue comme s’il avait une jambe plus courte que l’autre. Des cheveux en bataille formant nids d’oiseau dans le style arboré depuis par Éric Coquerel et les babacools, l’œil chassieux, un gros nez, une peau mal lavée, boutonneuse, piquée de barbe dans un visage disgracieux, mais souriant, toujours souriant. Avec l’air de se donner, de s’offrir à son public.
Sa musique et les paroles de ses chansons étaient assez loin de Brel et de Brassens, simples mais compréhensibles de tous-z-et surtout de toutes. Bref Patriiick, ce vieil adolescent, du haut de son mètre quatre-vingts s’il stimulait les jeunes filles, certaines à mon avis payées par la régie pour crier et entraîner le chœur des vierges, n’inspirait pas particulièrement l’amour, pas plus que Léo Ferré ou Brel. A-t-on jamais entendu dans une salle de spectacle les ados hurler Geooorges ou Jaaaacques, se pisser dessus dans l’enthousiasme et casser un fauteuil ou deux après avoir entendu « Chanson pour l’Auvergnat » ou « Ne me quitte pas » ... La seule réponse que l’on peut donner à ce mystère c’est qu’il était jeune et qu’il représentait un « sexe symbole » assez typique du temps. Ce dont avaient besoin nos jeunes filles qui commençaient à s’échapper de la pudibonderie portée par la société de l’époque.
À combien de ces torturées de la libido a-t-il ouvert la porte de sa loge pour une dédicace et plus si affinité ? On commence à le savoir et comme pour ces brillants metteurs en scène et acteurs qui abusèrent de leur pouvoir avec les candidates à la célébrité, la vieillesse (67 ans pour Patrick) les mets hors-jeu, définitivement. C’est un peu la revanche des garçons de jadis mais ce n’est pas une raison de menacer Bruel des pires maux et surtout pas de bramer « Violeur » dès que son nom est cité. Que celles qui hurlaient Patriiick ! à s’en faire péter les cordes vocales jadis calment la soif de vengeance de la nouvelle génération avant que cette dernière ne devienne mémère à son tour.
Comme la France n’est pas une république bananière ou un coin de paradis peuplé de sauvages on attendra que la justice se prononce. Mentalement j’applique à ces trublions un maître coup de pied aux fesses qui leur remettra les idées d’équité dans le bon ordre. Car c’est toujours la même chose ceux (?) et surtout celles qui n’ont pas été violées crient plus fort que tout le monde ; on accède à la célébrité par les voies dont on dispose. Que se passerait-il si un mignon metteur en scène, jeune et argenté, invitait ces glapissantes à voir sa collection de papillons à vapeur dans sa garçonnière sous les toits. Pas plus qu’avec Epstein elles refuseraient, j’en fiche mon billet. L’attrait de l’interdit, du mystère, de belles promesses et l’appât du gain. Depuis des millénaires il en est ainsi, pourquoi voulez-vous que ça change ?
Ce billet justement pourrait signer mon arrêt de mort tant l’idée même de justice est dévoyée dans ce pays. Il est temps que les tribunaux nous disent si Patriiick est un cochon ou un dindon (de la farce) pour que se calment les petites juges de la rue.
Jean-Bernard Papi ©
Partagez sur les réseaux sociaux
Commentaires :
Laisser un commentaire
Aucun commentaire n'a été laissé pour le moment... Soyez le premier !