Jean-Bernard Papi, romancier, essayiste, nouvelliste et poète

                                        Il n'y a de recette de jouvence que le rire.
                       Partageons nos plaisirs. Vous lisez ! J'écris !      
                                Poèmes du temps de guerre.

J'avais un camarade
                                                        (Près de Tora, Afghanistan.)
  
   
J’avais un camarade. Un vrai bon camarade            
Nous étions les deux doigts d’une main 
Nous partagions tout, vin, plaisir et rigolade                        
Même les filles étaient mises en commun.

Quand il fut touché, il eut un regard étonné….
Son front dans le soleil. Sans un cri… Juste un choc
Je l’ai pris dans mes bras tandis qu’il se mourait.
Adieu mon ami, adieu mon aimé Patrocle !
 
Nous avions quitté la maison de nos pères
L’avenir pour nous flambait loin du village
Sous un ciel d’Asie où l’on faisait la guerre.
L’aventure était bonne pour les gars de nos âges.
 
Il a murmuré : Adieu mon frère aîné
Laisse-moi, j’ai sommeil… C’est quoi l’éternité ?
 
J’avais un camarade, la guerre me l’a volé
Je revois son visage, hier comme aujourd’hui
J’ai pensé à sa mère, ce qu’elle allait pleurer.
Il est mort dans mes bras et une balle a suffi.
 
Les guerriers morts sont à tout jamais seuls
Oubliés, corps perdus entre ciel et désert
Tu méritais mieux que le sable pour linceul
Mon cœur est désormais comme un pavé de fer.
 
Jean-Bernard Papi© 
22/10/2012
                                  
                                     

                                                  
       
Peine de mort.

Tout condamné à mort aura la tête tranchée !                      

Quelle horreur ! s'écria le condamné Landru.
Quelle horreur ! reprirent en choeur dans leurs tranchées                                   
les capitaines, les caporaux et les poilus.

C'est un déshonneur pour la France !
dit la maman de la jolie fillette
du petit bois derrière chez moi
qui sera, pourtant, aux prochaines vacances,
zifolette, pan-pan, turlurette,
et même étranglée de surcroît.
 
Ce sont là pratiques d'un autre âge !
déclara aux caméras
(et aux grenouilles du marécage)
un noble apôtre des scélérats.
 
Ainsi fut amendée la loi
et comme l'a dit ce bon François :
Condamner à mort c'est pas humain
pour l'assassin, pour l'assassin.

Jean-Bernard Papi ©


 
                                                          
Ah ! Quand j'étais soldat
pas de doute, on filait doux !
Je ne sais pas bien pourquoi


mais c'était alors comme ça.
Du temps où j'étais soldat,
l'armée, ce n'était pas l'Pérou.
 
Ah ! Quand j'étais soldat
et qu'il fallût faire la guerre
ce n'était pas du cinéma !
On avait faim, on avait froid
pour l’image c'était comme ça
car de télé, y en avait guère.
           
Ah ! Quand j'étais soldat
on nous accusait de torture,
C'est ce qui fut dit, je crois
et écrit, au moins cent fois...
Qu'on nous pardonne si c'est le cas,
la guerre n'est pas une sinécure.
 
Ah ! Quand j'étais soldat
et que l'on fut battus, cocus !
on nous traita de pauvres gars
Même qu'on recevait des crachats
allez donc comprendre ça...
C'est pas marrant d'être vaincus.
           
Ah ! Quand j'étais soldat
elle nous détestait la patrie, 
je ne sais toujours pas pourquoi.
Mais, quand je repense à tout ça
j'aurais mieux fait de rester chez moi
j'aurais moins l'âme endolorie.
 
J'ai fini mon temps de soldat
pour moi, après l'appel des morts
je voudrais que l'on marquât :
« Ci-gît un gars qu’est mort là-bas
en Algérie, chez les paras
pour un mirage tricolore. »

Jean-Bernard Papi ©



à suivre,