Jean-Bernard Papi, romancier, essayiste, nouvelliste et poète

                                        Il n'y a de recette de jouvence que le rire.
                       Partageons nos plaisirs. Vous lisez ! J'écris !      
Alors, L'écologie : science ou religion ?
   L’attitude fermée et radicale des écologistes, même chez ceux qui se disent progressistes, l’absence de références scientifiques convaincantes et chiffrées, hors bidouillages et modélisations (7), ne permettent pas de penser l’écologie comme une science. À ne pas confondre écologie et climatologie, cette dernière étant une science, non dépourvue aussi de charlatans, hélas ! Tout au plus peut-on rapprocher l'écologie de l’économie qui, même si cette dernière fait appel aux statistiques, n’a d’une science, elle aussi, que l’approche pifométrique de ses problèmes par ses experts. Pour beaucoup d’observateurs l’écologie est d’abord une sorte de secte apocalyptique au sens entendu du 17 ème siècle, c'est-à-dire appartenant au domaine religieux.
   Les imprécations et malédictions des écologistes (4) formulées dans leurs livres, leurs revues et les médias, sont très semblables à celles de ces prophètes hébraïques qui mêlaient à leurs injonctions des visions de catastrophes futures, par bonheur jamais accomplies. "Je suis celui qui est assis sur le globe de la terre, dit Isaï en parlant de son Dieu, et qui voit tous les hommes qu’elle renferme comme n’étant que des sauterelles devant lui, qui a suspendu les cieux comme une toile, et qui les étend comme un pavillon qu’on dresse pour s’y retirer?; qui anéantit ceux qui recherchent avec tant de soin les secrets de la nature, et qui réduit à rien les juges du monde". En d'autres termes ce Dieu, qui nous voit comme des insectes dans un décor de cinéma, n'aime pas les savants et les chercheurs, et encore moins les gouvernements. Opinion que ne désavouent ni les dictateurs, ni les islamo-fascistes  ; le pouvoir [j'ajoute : quel qu'il soit et religieux plus encore], dit Peter Sloterdijk, a la capacité de mettre les faits en fuite.
   Le corpus de leur doctrine, et ses applications, ont pour résultat une mise à l’écart de la Raison raisonnante pour donner la priorité aux sentiments et émotions, comme la peur, la haine et le repli sur soi. Greta Thunberg, l'égérie écolo à peine nubile, ne reproche-t-elle pas du haut de sa science aux chefs d'Etat d'avoir compromis sa jeunesse ? Une théorie nombriliste en appui d'un discours grandiloquent, hystérique et creux. Babillage enfantin laché sans tenir compte des aspirations des peuples en développement qui voudraient accéder eux aussi à la richesse et au confort occidental. Chez les écologistes, comme derrière toute religion, se cache aussi l’appétence du pouvoir avec pour arme « la prune et le bâton » : Oubliez tout progrès, argumentent-ils, votre santé et celle de vos descendants est au bout de vos sacrifices. Le pape François ne s'y trompe pas quand il se range du côté des écologistes militants dans son encyclique Laudato si' (2015) et dans ses appels à la prière "pour la conservation de l'œuvre de Dieu, créateur de l'univers" (c'est scientifique ça ?). N'oublions pas l'appel des religions à jeuner le 1er de chaque mois pour économiser la planète.
   Terminons par un texte de Jean-Marie Harribey, qui lui aussi lie l'écologie à la religion, texte paru dans l’Encyclopédie Universaliste 2018 in "Critique de la décroissance" :« Sur quoi fonder l'écologie demande (le professeur d'écologie) Goldsmith (5) ? Pas sur la science mais sur la foi, répond-il. Il s'agit donc de réenchanter le monde, ainsi que le dit aussi Latouche. Alors que la modernité avait laïcisé la société, confinant la religion à la sphère privée, le religieux est réintroduit dans l'ordre politique pour détruire celui-ci comme lieu de construction de la cohabitation entre les humains […] Pour les théoriciens de la décroissance et du refus du développement, la coupable est finalement la Raison, confondue avec la rationalité capitaliste, qui a désacralisé, « désenchanté » le monde. La nécessaire critique de l'instrumentalisation de la Raison tombe alors dans un relativisme qui met sur le même plan la science et la croyance. Or, s'il existe des croyances au sein de la science – l'économie en est un bel exemple –, la science possède des garde-fous : la raison et la vérification – qui lui évitent de se perdre dans la crédulité. Derrière la critique de la Raison, il y a le rejet des Lumières et de l'idée même que puissent être construits des droits universels.
  Le début de succès des thèses en faveur de la décroissance est dû, au moins en partie, aux échecs des expériences du XXème siècle et notamment à la difficile prise en compte par les mouvements sociaux et le marxisme traditionnel de la dimension de l'écologie. Celle-ci est devenue un impératif. Son inscription dans le champ social et politique en est un autre. Mais elle implique l'abandon de l'idée qu'il existe un ordre social naturel. La synthèse entre des objectifs sociaux (un développement au service de tous) et des préoccupations écologiques (une soutenabilité de ce développement) est à ce prix. La nature ne peut être ni objet, comme dans le capitalisme productiviste, ni sujet théorisé par l'écologie profonde, mais un projet puisque l'Homme porte seul la responsabilité de le penser. Un humanisme de notre temps ne pourrait-il concevoir un développement véritablement soutenable, socialement et écologiquement, alliant l'équité intragénérationnelle et l'équité intergénérationnelle ? »
Conclusions: 

  Je pense avoir démontré que l'écologie n'était pas une science. Le fanatisme et le zèle déployé par ses thuriféraires sont ceux d'une secte "New Age", dont on peine à découvrir les réels objectifs en dehors de prendre le pouvoir pour "sauver la planète" (6); noble cause mais aussi inatteignable que visiter la planète Saturne, accéder au nirvana ou à l'intimité de Dieu pour le commun des mortels. Cette religion nouvelle aura-t-elle le pouvoir de changer la société, le grand rêve des moralistes et des idéologues ? Aucune religion n'a transformé les humains en profondeur, tout au plus les a-t-elle assujétis en leur faisant miroiter l'ineffable bonheur du renoncement à soi-même pour un au-delà merveilleux. Pour terminer donnons la parole au philosophe André Comte-Sponville : "À force de célébrer la nature et d'accabler nos sociétés techniciennes et marchandes on laisse entendre que c'était mieux avant, que le progrès n'est qu'un leurre, que l'humanité fait fausse route depuis deux siècles. Quoi de plus réactionnaire ? Et quoi de plus décourageant pour nos jeunes gens ? " (Contre la peur et cent autres propos. ed Albin Michel)

                                                            

(1) Après l'analyse du carottage des glaces de Vostok, il semblerait que l'augmentation de la température terrestre ait précédé (c.à.d avant) l'augmentation de gaz carbonique dans l'atmosphère. Le carottage porte sur une période de 400 000 ans. Le CO2 se serait libéré des océans sous l'effet de l'augmentation de la température. Selon l'étude menée en 2003 par LB Klyashtorin et AA Lyubushin il n'y aurait pas "de correlation linéaire entre la consommation de pétrole et l'augmentation de la température terrestre." Pour leur part, observent les climato-sceptiques, les politiques et les écologistes choisissent les résultats qui leurs conviennent, mais ils ignorent tout des nombreuses incertitudes, des approximations et des problèmes que posent encore les méthodes qui ont été employées (site : lapensée-unique)".

(2)  La disparition du pétrole n’est donc plus ou pas à l’ordre du jour dans de nombreux pays, sauf en France. L’électricité, le gaz propane liquéfié, l’hydrogène liquide, font figures de prétendants à la relève des énergies fossile au moins pour les véhicules automobiles. Ce qui atténuerait les émissions de CO2 sans pour autant les supprimer totalement car toute combustion produit du CO2 et toute production industrielle, batteries, électronique, acieriéries implique l'utilisation d'énergie. La France, pour sa part s’est engagée à diviser par 4 (-75%) ses émissions de CO2 d’ici 2050. La recherche de substituts financée par l’industrie n’a pas dit non plus son dernier mot. Durant 60.000 ans l’énergie à la disposition des chasseurs-cueilleurs fut uniquement humaine. Remplacée par le travail animal à partir de -8000 environ avant notre ère, relayée au XIXème siècle par les machines à vapeur (machines à feu). Aujourd’hui, en France, elle provient essentiellement du pétrole, du charbon et de l’électricité. Cette dernière est fournie par les éoliennes (10%), le photovoltaïque (3%), l’électronucléaire (70%) et les centrales conventionnelles (hydraulique, charbon, pétrole etc.). 
 (3)En France métropolitaine, on recense environ 450 concessions minières valides ; une vingtaine sont  actuellement exploitées. Les autres concessions ne sont plus en activité mais sont toujours valides. En effet, elles ont été attribuées pour la majeure partie à une époque où l’on ne fixait pas d'échéance aux concessions. Cependant, ces concessions à durée de vie « illimitée », si elles ne sont pas exploitées, ont expiré le 31 décembre 2018. C’est le sel qui concentre l’activité en métropole avec 200 concessions minières, dont une vingtaine est en activité (en 2015 plus de 4,4 millions de tonnes de sel ont été extraites du sous-sol, la majeure partie de la production s'effectue par dissolution, exceptées 160 000 tonnes extraites par travaux miniers souterrains), suivi par la bauxite (deux exploitants dans l'Hérault), puis les schistes bitumineux (une mine expérimentale) et la fluorine (un projet de mine en développement). La france produit un peu de tantale, du niobium et de l'étain dans une carrière à Echassières (Alllier) qui dispose d'une autorisation spéciale. On disposerait de réserves en "terres rares" non encore exploitées. La réouverture d'une mine de tungstène est actuellement (2019) bloquée par les écologistes dans les Pyrénées françaises.
  L’activité minière légale en Guyane est soutenue. On y recense une centaine de titres d’exploitation dont les deux tiers concernent des petites superficies attribuées à des artisans. La production est de l’ordre de 1 à 2 tonnes d'or par an, soit un chiffre d’affaires d'environ 60 millions d'euros.  En Nouvelle-Calédonie les activités minières relèvent du gouvernement de Nouvelle-Calédonie. Avec 12 millions de tonnes de réserves minières de nickel, elle se situe au deuxième rang mondial derrière l’Australie (20 millions de tonnes). Seul le nickel et le cobalt qui lui est lié y sont exploités à l’heure actuelle. L’île possède des ressources en chrome, mais son exploitation n’a jamais repris depuis la fermeture de la mine souterraine de Tiébaghi en 1991. La Nouvelle-Calédonie dispose d’autres ressources, mais en quantités trop faibles pour en espérer une valorisation industrielle. L’économie du nickel calédonien se caractérise par l’existence de « petits mineurs », propriétaires ou non d’un domaine minier gravitant autour de quatre entités majeures détenant une unité métallurgique : la Société Le Nickel (SLN),  la société Nickel Mining Company (groupe SMSP -Société minière du Sud Pacifique - pour 51 %), la société Vale Nouvelle-Calédonie (groupe Vale pour 69 %) et la société Koniambo Nickel (Glencore-Xstrata pour 49 % et SMSP pour 51 %). 
 Depuis 2013, huit "Permis Exclusifs de Recherches de Mines" (PERM) ont été octroyés en métropole pour des substances variées. 
(4) - Serge Latouche : Faut-il refuser le développement ? (1987) Serge Latouche : le modèle occidental de développement est arrivé à un stade critique. Ses effets négatifs sur l’environnement sont évidents (Ce qui est évident ici c'est la mauvaise foi de l'auteur) – Les décroissants : Le monde n’est pas une marchandise (2001) - Clémentin et Cheynet : Décroissance soutenable (2001) - Ouverture à Lyon de l’institut d’études économiques pour la décroissance soutenable (2001) - Le parti « les Verts » dès leur création formalisent une position favorable à la décroissance – Marche pour la décroissance à Lyon 7 juin /3 juillet 2005– Création du parti de la décroissance (2006) Movimento en Italie- Entesa en Catalogne – Création de l’Institut Momentum en vue de démystifier l’idéologie productiviste etc.
(5) Edward Goldsmith philosophe britannique de l’environnement (revue Ecologist) 
(6) "Sauver la planète", une entreprise très James Bond ou très Superman, est un mème qui ne signifie rien d'autre qu'une forme de volonté à manifester plus ou moins son altruisme. À rapprocher de "faire bouger les lignes", "changer les choses", "renverser la table "...  qui ne veulent rien dire d'autre que la vacuité de la pensée de celui qui les profère. Par exemple, Harry, l'un des princes de la couronne britanniques,  a décidé avec son épouse de se limiter à un ou deux enfants pour sauver la planète, bonne idée s'il décide en plus de rester dans son chateau et d'éviter ses coûteux déplacements à travers la fameuse planète. 
(7) Ah les modélisations ! Que ne leur fait-on pas dire ? On lit l'avenir dans la modélisation comme dans une boule de cristal ou en scrutant le marc de café. Qui avait prédit l'Internet, la chute de l'Union Soviétique, le sida, Google, il y a 50 ou 100 ans ?


Références :
- Wikipédia. (La décroissance etc.)
- Futura et l’analyse du 5ème volume du GIEC
- Encyclopédie Universaliste 2018.

- Diagramme n° 75, 95 et 100 de 1963. Revue mensuelle.Editions du Cap Monte-Carlo
- Steven Pinker « Le triomphe des Lumières » en particulier le chapitre 10.
- Sur ce site voir : "Controverse sur le climat "https://www.jean-bernard-papi.com/controverse-sur-le-climat.php et "Y a plus de saisons" https://www.jean-bernard-papi.com/y-a-plus-de-saisons.php
- Site du Brgm et la revue Geosciences.
- "Contre la peur et cent autres propos".  André Comte-Sponville. 
Albin Michel Edit. 
- Emmanuel Leroy-Ladurie "Les fluctuations du climat de l'an 1000 à aujourd'hui" Concerne surtout la Grande Bretagne, l'Allemagne et la France.

 
Jean-Bernard Papi © 2018/2020
Page suivante   >