Jean-Bernard Papi, romancier, essayiste, nouvelliste et poète

                                                 Partageons nos plaisirs, j'écris vous me lisez.  
                                     
                                                     Retour à Béni Farès.(Le feu)

                                       Roman


 Edité par Muse édition       (Publishing group in Chisinau-   Moldavie), imprimé à la   demande, vendu et diffusé par   Morebooks.shop (Riga-   Latvia) ; morebook.shop   ou  www.morebooks.de dans  l'encart "Recherche"   taper  Retour à Béni Farès.   26,90€ plus expédition, 139   pages.
Ci-dessous le préambule du livre pour mettre en appétit.

 






                                                                     

                                                      Préambule.

 
 
 
  
 
   On s’entretua dans les montagnes Zebzeb, au nord d’Esperanza. L’évènement eut lieu il y a une cinquantaine d’années. Tueries que certains journalistes d’Esperanza, mal informés, qualifièrent à tort, de guerre de religion. Ce fut, en réalité, une guerre de conquête. L’impuissance endémique de l’Etat espéranzais à se défendre fut mises à profit par le gouvernement de Tenebra, pays voisin, pour l’envahir sous le prétexte fallacieux que les Espéranzais étaient des mécréants qu’il fallait convertir. Ce point de vue propagé et encouragé par les prêtres de Tenebra faussa notablement l’opinion des journalistes de tous bords. Il faut dire que dans Tenebra la religion primait sur tout et on adorait d’autant mieux le dieu local, un barbu (qualifié par ses adorateurs de « Vrai Dieu ») que celui-ci flanquait à ses fidèles de sévères coups de triques plusieurs fois l’an. « S’Il nous punit c’est qu’Il nous aime ».
   Profitant d’une tempête au large, c’était une vague géante qui ratiboisait, en une nuit, le plus grand des ports maritimes de Tenebra. Une autre fois c’était un tremblement de terre de force sept qui démolissait aux trois-quarts sa capitale El Moca. Parfois c’étaient des inondations qui se combinaient avec une épidémie de choléra ou avec une invasion de sauterelles venues de l’extrême Sud, lesquelles dévoraient les récoltes qui n’étaient pas sous l’eau. Les habitants avaient beau faire pénitence et jeuner un jour sur deux ce n’était jamais suffisant et ils lorgnaient d’un œil envieux les Espéranzais qui se la coulaient douce de l’autre côté des montagnes.  Mais de l’avis général, et de celui des journalistes espéranzais, Tenebra, écrivaient-ils, méritait bien ses ennuis ce qui déclenchait immanquablement la colère des Ténébrais et entraînait le rappel de leurs ambassadeurs pour consultation et riposte éventuelle.
   Un dernier mot : le pays Esperanza, capitale Constantz (écrit parfois Constantza à l’américaine), existe bel et bien, inutile de le rappeler. Son territoire est presque essentiellement composé de montagnes et de déserts caillouteux. Seule une bande de terre proche de la mer est fertile et par conséquent très peuplée. À cette époque son gouvernement, faible et pusillanime confiait ses usines, ses théâtres, ses chemins de fer et la défense du pays à une bande d’incapables regroupés sous le terme vague de la Compagnie. Nous reparlerons d’elle moult fois.
 
   Faisons maintenant un zoom rapide vers une petite communauté esperanzaise nommée Béni Farés, dont l’existence, parce qu’il y règne une forte cohésion sociale, est paisible à défaut d’être généreusement pourvue en biens de toutes sortes. Au moment où nous zoomons sur ce village un vieil avion, un « coucou estropié » selon l’argot des mécaniciens de la Compagnie, est en train de se poser dans un champ proche.
   Faisons connaissance avec son passager, un étranger au village, donc un élément perturbateur, forcément. Prénommé Damien - son nom de famille n’a aucune importance car il n’eut pas d’héritiers-, ce passager, parce qu’il sera comme un renard enfermé dans un poulailler, provoquera involontairement la destruction de cette communauté. Une bavure en quelque sorte pour dire les choses autrement.
   Il ne fut, cependant, pas le seul responsable.


à suivre, sur les 139 pages du livre.