Jean-Bernard Papi, romancier, essayiste, nouvelliste et poète

                                        Il n'y a de recette de jouvence que le rire.
                       Partageons nos plaisirs. Vous lisez ! J'écris !      





Chardon bleu.
 

Où sont mes innocentes amies
et les belles hécatombes
de ces nuits infinies
dont je ne suis que l’ombre ?

Dans les pâles clartés
Qui griffent ma mémoire
Où donc êtes- vous cachées
ô mères des mouroirs. 
Suis-je le fossoyeur
de ces millions de tombes ?
 
Elles me ramènent aux larmes
noirs verrous de la rage des cœurs
Par bonheur le jour chasse les peines
Ainsi l’on voit après une tempête
sur la dune refleurir le chardon bleu des sables.

 
Jean-Bernard Papi 
   

                                                                               



Dimanche.
  

 
Je vis le soleil se lever entre tes paupières
Dehors le jour crissait de ses dents blanches
Et la rue résonnait comme un orgue de pierre
Déjà midi calcinait les oiseaux sur les branches.                              
Ta bouche carnassière lentement dit mon nom
Les grands draps sur tes reins croulèrent en avalanches
L’heure était aux baisers, aux caresses, à la dévoration
Quand la radio en bas hurla : « C’est aujourd’hui dimanche ! »
 
Ah ! les dimanches d’été entre fanfares et cloches
Les réveils en sueur, ta bouche sur ma hanche
Le bûcher de nos corps qu’un flot de lave rapproche
Et ce monde dressé que ta lèvre comme une lame tranche.
 
La soif nous a quittés hormis nos chairs tièdes
Nous voici cannibales, honte à celui qui flanche
Y aurait-il tsunami, le feu dans la pinède
Pour toi l’adorable, mon lit est zone franche.
 
                                   

Jean-Bernard Papi  ©



à suivre