I- Ce gaz carbonique qui nous fait tant de mal...
II- Controverse sur le climat.
III- Des cobayes et des hommes.
Le président de la république tchèque, Vaclav Klaus, a expédié une lettre au congrès américain réunis pour discuter du réchauffement du… Du quoi d’abord. Du climat ? Le climat est comme il vient, il ne se réchauffe ni se refroidit. De la Terre ? La planète Terre peut-elle se réchauffer, elle qui en interne est, volcans le prouvent, à l’incandescence ? Mais tout cela, cette recherche de définition claire pour « dire de quoi on cause » c’est de l’enculage de mouche, alors passons. Donc ce président tchèque a envoyé au congrès américain une lettre dans laquelle il dénonce les agissements des partisans du « réchauffement ». Selon lui ces fanatiques agiraient comme ont agi les communistes, dans le temps, en développant des théories catastrophistes qui ne reposent sur rien de solide ni d’étayé. Ils veulent tout simplement, par la peur diriger et prendre le pouvoir à l’échelle des états. Il s’élève notamment contre l’idée qu’une nation riche est forcément une nation destructrice de l’environnement.
Je suppose que chacun d’entre nous peut vérifier ceci, s’il n’est pas né d’hier : La France a plus d’espaces boisés qu’en 1950 et plus qu’au 17éme siècle, année où se bâtit Rochefort, Brouage (Une immense forêt fut détruite pour constituer des radiers aux bâtiments) et durant laquelle on mit à flot une marine de guerre importante ( Le mont Ventoux perdit tous ses arbres pour constituer les mâtures). La France a rénové, et embelli, la totalité des centres de ville en quelques années. L’air s’est découvert pollué dès que les instruments « à haute définition » pour le mesurer ont été inventés et mis en place. (Paris en 1950, ce que tout aviateur pouvait constater, était couvert d’une coupole de poussière qui s’élevait à plus de 1000 mètres d’altitude sans que personne ne rouspète). Le cancer n’est pas une maladie moderne mais il est mieux soigné qu’en 1950. L’appendicite n’est opérable sans danger que depuis un siècle, depuis l’apparition des anesthésiques. Jusqu’au 19éme siècle on déversait dans les rivières tous les déchets domestiques, excréments et égouts ce qui rendait l’eau qui était bue dangereuse et malsaine, etc.
En outre, il est bon de rappeler que toute combustion de produits dont l’élément de base est le carbone, c’est à dire : pétrole et dérivés, charbon, gaz, bois, diester ou éthano,l dégage du CO2, du CO et de la vapeur d’eau, que ce soit à l’air libre ou dans un moteur à combustion interne ou à explosion. Il n’est donc pas vrai qu’il existe des carburants bio sans dégagement de CO2. Mais il est vrai que tant que seront utilisés ces produits pour propulser nos véhicules, ceux-ci produiront du CO2 et du CO. Il est bon de rappeler aussi que la fin du pétrole ne signifie nullement une stagnation du progrès, l’hydrogène présent dans l’eau, les batteries et piles organiques, la transformation du charbon en combustible liquide comme le fabriquaient les Allemands durant la dernière guerre, et d’autres inventions en gestation font que l’espoir de progrès demeure intact.
Par contre la rareté du pétrole le rendra plus cher et je comprends ceux qui mélangent intentionnellement sa pollution et sa rareté pour demander au commun des mortels, vous et moi, de l’économiser, voire de s’en passer. L’économiser, disent-ils pour éviter le « réchauffement ». Les pipoles, ceux qui ont accès à la communication pour se faire valoir et se mettre en lumière seraient bien marris si demain ils ne pouvaient plus voyager. Passer de la Jet-set au sédentarisme forcé serait catastrophique pour leur standing. Chanteurs devant se limiter aux bals de quartiers, présentateurs télé se limitant aux promotions de supermarché, comédiens ne jouant plus que dans les patronages, je comprends tout ça et je verse une larme pour ces gens dont l’utilité est néanmoins mineure au regard des siècles. Qu’untel photographe ne puisse plus prendre l’hélicoptère pour filmer du ciel le delta du Nil, ou qu’un tel autre spécialiste des voyages lointains ne puisse plus nous exalter par ses promenades sous-marines dans la Grande Barrière de corail, serait une immense perte pour l’humanité. J’en pleure déjà presque autant que de la perte des Bouddha de Bamian.
Réfléchissons donc avant de signer des pactes ou de nous engager dans des actions contre les autres, ces autres qui nous font tant de mal. Peut-être que ce mal imaginaire est né tout simplement d’un excès de bonheur à vivre dans un pays riche et sans grands soucis.
© Jean-Bernard Papi
21/04/07
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Dans une revue scientifique, Diagrammes 75 (Voir ci-dessus) parue en
mai 1963, loin de l’écolomania et des effets de mode d’aujourd’hui, Robert Lechêne expliquait alors ce qu’était la mécanique des climats. Après avoir disserté sur la météorologie et la climatologie, les effets du rayonnement solaire, les différents climats autour du globe, il en venait à examiner les variations du climat en remontant aussi loin que permis et la possible action de l’homme sur la mécanique en question.
«
Tout agit sur tout et réagit sur soi , écrit-il, l
e jeu compliqué des interactions et des rétroactions (des paramètres climatiques) ne modifie pratiquement pas les données d’une année sur l’autre, mais la cause est sans cesse modifiée par l’effet si bien qu’elle ne revient jamais exactement à ce qu’elle était antérieurement et que l’effet ne sera plus jamais ce qu’il a été une fois ( effet de résilience et retour au point zéro sur des systèmes instables bien connu des ingénieurs
). Si cela n’est pas sensible d’une année sur l’autre, ça l’est à l’échelle des siècles. »
Fort d’avoir étudié et expliqué une partie des phénomènes qui influent sur le climat, il pose la question de savoir si nous allons vers un refroidissement ou un réchauffement.
Pour le
refroidissement il cite entre autres l’important habitat du Groenland au 11ème siècle où se pratiquaient la culture et l’élevage et les observations de Claudius Ptolémée qui vivait à Alexandrie au 2ème siècle, observations qui démontrent qu’à cette époque l’Egypte avait un climat plus chaud qu’aujourd’hui.
Pour le
réchauffement il précise que les indices d’un réchauffement sont plus nombreux que ceux annonçant un refroidissement. Les températures moyennes annuelles de nombreuses grandes villes de l’hémisphère nord ont augmenté de 2 à 3 degrés entre 1880 et 1940 sans que l’on puisse incriminer formellement l’urbanisme. La température moyenne de la planète à augmenté de 1°5 depuis un siècle (Ahlman-1947). En 1963 on ne peut décemment incriminer les autos, rares bien que gourmandes, mais plutôt les rejets de l'industrie. Cependant :
- Le réchauffement est plus marqué dans la partie hivernale de l’année.
- Il affecte les zones arctiques, subarctiques et tempérée. La déglaciation des sols va en se rapprochant du pôle. En Sibérie elle recule de plusieurs dizaines de mètres par ans. La végétation et la faune (animaux marins et poissons) remontent vers le nord. Dans les mers arctiques la fonte des glaces est plus précoce qu’au début du siècle. La fonte des glaciers de l’Europe de l’ouest est patente. La mer de glace en un siècle a perdu 300 mètres.
Réchauffement ou refroidissement ? Plus sûrement modification du climat. Ce qui n’est pas une originalité de notre temps.
Exemples :
- (moins) un milliard d’années (Algonkien) climat modéré, glace sur l’Amérique du nord.
- 500 millions (Cambrien) chaud et uniforme, sec au nord de la Sibérie.
- 450/300 millions d’années, (Silurien) augmentation des températures.
- 330 millions d’années (Dévonien), climat chaud, des glaces en Afrique du sud. Etc.
- 60 millions d’années (Tertiaire inferieur) climat chaud très étendu, tempéré sous les latitudes polaires.etc
- Au quaternaire : quatre grandes périodes glaciaires. La dernière Würm III vers -23000 ans. Ces glaciations, uniforme sur Terre mettent en cause l’intensité du rayonnement solaire,
le soleil ferait parvenir à la Terre des quantités d’énergie variables ? Dans ce cas existe-t-il un cycle d’activité solaire portant sur des dizaines de milliers d’années ? Ou traversons-nous alors des nuages de matière interstellaire ? Deux hypothèses.
Hypothèse 1:
L’orbite de la Terre a pu changer; les glaciations correspondent à des périodes d’éloignement marqué du soleil. Mais quelles forces d’attraction ont pu alors agir, dans un sens puis dans un autre ?
S’agit-il de la position de la Terre qui aurait changée ? Inclinaison variable de l’axe de la Terre par rapport à l’écliptique ? Inclinaison qui varierait, c'est un fait avéré,de 22 à 24° 30’ tous les 40.000 ans.
Hypothèse 2:
Changement de la position géographique des pôles dû au déplacement des masses continentales selon Wegener ? Une combinaison des mouvements verticaux et horizontaux de l’écorce terrestre sur le magma en raison des charges des continents et de leurs déplacements peut expliquer les phénomènes de glaciation et de réchauffement.
Si il y a cycle et que ce cycle est de 50.000 ans (Période avérées entre les glaciations du quaternaire) il nous reste 20.000 ans avant la prochaine glaciation. Il suffira, affirme Robert Lechêne, d’une baisse générale de 2 à 3° pour qu’elle s’amorce.
Si, par contre, il y a une élévation générale de 2 à 3° on aura une fusion générale des calottes polaires, ce qui s’est déjà produit. La hausse des eaux serait de 60 à 80 mètres ce qui modifierait le dessin des continents. Libérés du poids des glaces, des partions de continent s’élèveront lentement. Actuellement la Scandinavie remonte de 1 cm par siècle.
En théorie entre la température moyenne d’une ère de fusion des glaces (obligatoire dans le cycle) et la température moyenne d’une ère glaciaire il n’y a que 5 ou 6°, la transition devant se faire en quelques dizaines de milliers d’années. Or la température générale du globe a augmenté de 1,5° en un siècle. Faut-il incriminer pour expliquer cette brutale élévation de température l’augmentation du CO2 et des poussières de toutes sortes liées aux activités humaines ? Y-a-t’il autre chose ? Une variation du cycle solaire sur 99 ans ?
Dans le cas d’une fonte des glaces, les vents d’hiver provenant du Pôle seront chargés d’humidité, les régions tempérées recevront une plus grande quantité de précipitations et leur climat sera notablement plus frais jusqu’à se couvrir de neige puis de glace.
Nous connaitrons alors une ère glaciaire. Ces phénomènes sont situés à une échelle qui dépasse l’homme. Le déluge ne sera pas soudain, la glaciation non plus. Cela affectera des centaines de générations, l’organisme s’adaptera, il y aura des migrations comme cela se fait depuis le début de l’humanité.
D’ici là l’homme pourra-t-il agir sur la mécanique des climats ? Là est toute la question.
© Jean-Bernard Papi 30 mars 2010
Bibliographie :
Diagramme 75 MAI 1963 Robert Lechêne.Edition du Cap Monte Carlo
Vents, nuages et tempêtes (Plon) Bessemoulin & Clausse
Les nuages (Seuil) Clausse & Facy
Les déserts (Payot) Cuny
Les climats et l'organisme humain (PUF) Duhot
La Terre va changer de visage (Hachette) Gauroy
Les mouvements de l'écorce terrestre (Payot) Hapgood
Le temps (Dunod) Kimble
L'atmosphère et sa vie (Edition de Moscou) Kolobkov
Transformer la terre (Ed Découverte) Ley
Météorologie, prévision du temps (Diagramme n°15), Perlat
La climatologie UNESCO Deacon, Priestley...
etc.
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Des cobayes et des hommes.
Petite étude sur la Télé Réalité dans la mesure de mes moyens.
Chacun sait combien les rats de laboratoires sont indissociables de l’étude du comportement humain, bien que des humoristes, et néanmoins scientifiques américains aient pour projet de les remplacer par des avocats. Pas le fruit, mais le maître dans sa robe noire. Les Américains rappellent les nombreux points forts qui font des avocats des sujets plus appropriés aux tests que les rats. En particulier ils sont plus nombreux, ils acceptent de faire des choses que les rats refusent, les laborantins ne s’attachent pas à eux et aucune ligue ne prend leur défense dans le cas où ils doivent être sacrifiés. Malgré tout ils coûtent très cher à l’usage et on se rend compte, lorsque l’on fait un bilan qualité-prix sérieux qu’il devient vite rentable de remplacer l’avocat par n’importe quel volontaire. En général payé avec des fifrelins. Même si l’intelligence, ou la faculté de comprendre ce que l’on attend de lui, est moindre chez le volontaire.
Le médecin militaire Henri Laborit pharmacologue, écrivain, philosophe, chirurgien, chercheur spécialiste du cerveau, biologiste connu pour ses découvertes de psychotropes (Largactil), et accessoirement acteur d’Alain Resnais (Mon oncle d’Amérique) a mis en évidence chez l’homme et les animaux un système dit d’inhibition de l’action. Ce système, appelé SIA, a une fonction positive puisqu’il « arrête » l’homme ou l’animal qui se place en situation dangereuse. Il intervient donc lorsque l’on est soumis à des actions dommageables et/ou sous l’effet du stress.
Dans ce dernier cas il s’accompagne d’idées noires et négatives du genre « Je suis un bon à rien » ou « Ils sont tous contre moi ». C’est, affirme le docteur Jérôme Liss (Psychologie N°145-mars 1982) la base psychophysiologique de la dépression. C’est aussi ce que soupire l’écrivain en herbe en recevant la lettre de refus des éditeurs, mais ne nous égarons pas. Malheureusement si le SIA est amené à fonctionner au-delà d’un certain temps, variable selon les individus, il peut produire de graves troubles pathologiques.
Il existe différents moyens de contrecarrer l’action dommageable du système d’inhibition de l’action, la fuite en particulier ou la thérapie de Reich qui consiste à taper sur des coussins (ou sur n’importe quoi d’autre ), à pleurer, crier, respirer profondément plusieurs fois, suivre des yeux un point qui se déplace, faire bouger le bassin (cas de stress sexuel) etc. On peut aussi avaler une bonne poignée de psychotropes.
Les expériences de l’éthologue John Calhoun aux Etats Unis, effectuées de 1947 à 1958 sur des rats et relatées par l’anthropologue Edward T. Hall (La Dimension cachée chap.3, Seuil) ont permis de mettre en évidence ce que l’on a appelé « le cloaque comportemental » en anglais « behavioral sink ». Ce terme s’applique aux aberrations grossières de comportement comme aux actions qui leur ont donné naissance. Ce cloaque apparaît lorsque le nombre de rats devient trop élevé dans un lieu donné au point de générer un stress important. Il démontre, entre autre, que le système d’inhibition de l’action ne peut plus jouer convenablement son rôle en raison des effets prolongés du stress dus à la surpopulation. Voici quelques comportements observés :
1- Pas de changement chez les mâles dominants, sauf à être plus méfiants.
2- Les mâles passifs se terrent.
3- Les mâles lambda hyperactifs passent leur temps à poursuivre les femelles, souvent à plusieurs pour une seule. Ils omettent les rituels d’accouplement et font durer le plaisir au-delà de l’habituel. Ils envahissent très souvent, en bande, les territoires des autres transgressant ainsi les règles territoriales établies.
4- Certains mâles refusent les contacts sociaux et partent à l’aventure pendant le sommeil des autres rats.
5- Les mâles pan-sexuels tentent de monter les mâles comme les femelles.
6- Les femelles ne terminent pratiquement jamais leur nid, mélangent les portées et ne protègent plus les petits qui sont dévorés par les mâles hyperactifs. Les femelles sont les plus touchées par l’établissement du cloaque comportemental et leur taux de mortalité s’élève notablement. Enfin tous les rats se bagarrent indéfiniment sans tenir compte des signaux de soumission.
Calhoun tire de ses expériences un certain nombre de conclusions en premier lieu que les mœurs sexuelles des rats durant la phase du « cloaque » subissent de fortes altérations avec apparition de pan-sexualité (pan = tout) et de sadisme. En second lieu, il note l’effondrement des structures sociales avec crise de natalité.
Peut-on transposer ces résultats à l’homme ? Je dirais personnellement non, car en tant qu’optimiste incorrigible j’affirme qu’il n’existe pas de cloaque comportemental chez les humains, même dans nos banlieues, ou alors ça se saurait. Ceux-ci ne se promènent pas en bandes provocantes, ne harcèlent pas les femelles sous le regard débonnaire des mâles dominants, ne pratiquent pas la pan-sexualité, ne se terrent pas comme des lâches etc.
Cette opinion changera peut-être lorsque, enfin, et je le souhaite de tout cœur, l’expérience de Calhoun sera reprise en utilisant des avocats. En attendant, il faudra se contenter des données recueillies sur les expériences de cloaque comportemental menées en mai 2001 par la chaîne de télévision française M6, ainsi que par ses collègues allemandes, américaines, italiennes et néerlandaises sous la vague et hypocrite appellation de Big Brother. Je voudrais bien savoir où se trouve le grand frère là-dedans. Big Brother et toutes les initiatives prises ensuite sous la non moins vague appellation de Loft-story ou de manière plus générale de Télé-réalité.
Rappelons pour la bonne compréhension du texte que l’expérience de Calhoun ne s’est pas faite n’importe où et que lui et ses assistants avaient aménagé, je cite Edward T Hall : « sur une petite route de campagne à la sortie de Rockville… une banale grange de pierre que personne n’aurait eu l’idée de remarquer. Son aménagement intérieur était cependant peu ordinaire… L’organisation de Calhoun devait permettre d’observer le comportement des colonies de rats à n’importe quel moment de la journée et de la nuit sans les perturber. »
Il paraît que, pendant tout le temps que durèrent ces expériences avec nos amis les rats et en observant leurs pitreries salaces, nos savants et leurs visiteurs se sont amusés comme des fous.
©Jean-Bernard Papi