Poèmes sans prétentions à usage général et privé
I- Burqa
II- On dit
III- Désir de fuite
IV- Ronde des Marie.
V- Une île.
VI- Complicité d'Omar
J’aime celle qui marche
devant moi
dans sa burqa.
(Au fait est-elle dans ou sous sa burqua ?)
Qu’importe. Elle marche
dans la rue parmi tant de belles filles.
Pas de hauts talons
mais des tennis
un bout de jeans.
Mais peut-être est-ce un garçon ?
(Si c’est un garçon l’aimerais-je tout autant ?)
Voir ses mains.
Elle porte des gants.
Je la bouscule. Elle ne dit rien.
Excusez-moi madame- Oh ! Madame !
Bien le bonjour chez vous.
Il me semble avoir vu son œil
Rien qu’un œil qui riait
Il m’a bien semblé qu’il riait.
L’imposteur.
Elle sort de l’hôtel Yacubian
Rue de Paris
Chambre 52, cinquième étage.
Je le sais.
C’est ma chambre.
© Jean-Bernard Papi déc 2009
Illustration Mireille Kuta
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Illustration Françoise Bourbillère
On dit que les pôles fondront
qu’il fera chaud, que la terre deviendra serre
et que ma maison, et ta maison
s’envoleront sous les ouragans.
On dit que nous vivrons dans les caverne
sans électricité, sans réfrigérateur
sans auto, sans climatisation et sans pétrole.
On dit que même les fleurs disparaîtront bientôt.
On dit, on dit ….
Qu’importe ce que l’on dit puisque tu seras là.
Sur ton corps hâlé
tout brûlé de soleil je poserai mon front
et sur ton sexe moite
la fraîcheur de mes mains.
Je ne suis pas de ceux
qui regardent sous les jupes des nuages
rien de ce qui est en haut
ne trouble mon bonheur d’en bas.
Je me moque il est vrai
du ciel comme de Juda
je ne prie ni la pierre, ni le marbre ni le bronze
je ne crois pas au Livre ni à ce qui n’est pas.
Mais je crois en ton baiser léger
à ce merci ténu quand je prépare en toi
la naissance du monde.
Organise ô Eve, les incendies
qui ravageront la terre
que ton souffle de feu
pétrifie les villes et les églises
que de ta bouche déferlent les océans
qui noieront les îles Sous-le-Vent
que le monde soit neuf et qu’il soit de ta chair
et qu’on ne nous parle plus jamais de patience
ni de Dieu ni de science.
© Jean-Bernard Papi janv 2009
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Illustration Françoise Bourbillère
Dessin Françoise Bourbillère
Nous n’irons pas à Compostell
à Lhassa, à La Vallée.
Madame Arthur, Régine et Temporel
ont fermé leurs volets.
N’habiterons ni La Mecque, ni Ruffec,
ni Berlin ou Soubise
les chambres à Lisbonne sont infectes
on ne pêche plus dans la Tamise.
Nous ne verrons pas Rio, Burie
Brindisi, Valparaiso
ici ou Haïti, n’allons pas dans ces pays,
jamais les i, jamais les o.
Nous ne resterons pas en Charente
Mansle, Ruelle ou Fouras
les rues y sont trop en pent
et debout nous ne tiendrions pas.
Allons plutôt au Groenland
chez les Inuits du pays plat
entre Saujon et Samarkand
c’est là que pousse le bon tabac.
Vieux schnocks heureux et fiers de l’être
curés d’Iran ou d’Istanbul
imams de Rome, rabbis sonnez trompettes !
Demain la lune, adieu la foule !
© Jean-Bernard Papi Oct 2007
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Ronde des Marie.
Bertrand cogne sur Marie
Marie euthanasie Vincent
Je vous salue bien bas Marie.
Marie la tarte et la cuisine
Marie bas bleus tablier blanc
Saluons les Marie des usines
Marie qui aime à la folie
Marie qui ne veut plus d’enfants
Du doigt, je vous salue Marie
Marie la pute rue Capucine
Marie aux étals et au vent
Mais salut aux Marie en gésine.
Marie toubib qui me débranche
Marie pétard et tour de chant
Et Marie au lit le dimanche
Marie et Jésus sur son sein
Marie de la bible et du coran
Salut aussi Marie petits chiens.
Fêtons les Marie, moches ou girondes
Marie actrice, Marie gnangnan
fêtons les Marie dans leur ronde !
© Jean-Bernard Papi Oct. 03
Jean-Fabius Henrion
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Dominique Peyraud
Il est une île dont le nom fuit
une juste renommée
Haïti, c’était comme Tahiti
mais sans les vahinés.
Cette île fut celle des rêveurs.
Aujourd’hui, peintre ou savetier
le nègre y compte pour du beurre.
Chimères, macoutes et Duvalier.
Pour ce désastre de la terre
fidèles chantez, honorez Dieu
le pape est un joyeux compère
et le Ciel du genre facétieux.
Quand tu loues la bonne nature
qui pourvoit à tous nos besoins
écolo, ta plume fait des ratures.
mère Gaïa ignore les terriens.
Il y aura d’autres Haït
pour larmoyer tous ensemble,
médias, gens de tous les pays
que les beaux drames rassemblent.
©Jean-Bernard Papi
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Peinture de Laurence Innocenti (laurence-innocenti.com)
Complicité d’Omar.
à Omar Amiralay, cinéaste Syrien décédé en mars 2011.
Omar fut de ces hommes craintifs
sûrs de leur bon droit.
Son cœur avait vieilli, ses battements moins vifs
l’ont abandonné. A Dieu va !
Ses films et ceux qu’il défendait
ne parlaient que du monde dans sa banalité
les femmes en Egypte ont les mêmes envies
les même rêves confus qu’à Paris
Dans son pays, la Syrie, dans sa ville de Damas
toujours entre deux voyages
entre deux arrestations
que lui reprochait-on
de donner de l’Orient une mauvaise image ?
D’avoir des opinions qui pervertissent les masses ?
De ne pas avoir du Coran la vision du bédouin ?
Fuir toujours et trier ses amis
se méfier d’Internet, de l’homme qui le suit
de qui ramasse son courrier, de qui porte son pain.
Vivre en reclus quand la police le cherche
mais faire des films quand même que nul ne verra.
Désormais plus personne ne recherche
Omar Amiralay, ne lancez plus d’inutiles fatwa
car il est mort l’homme libre.
le 15/03/2011