Jean-Bernard Papi, romancier, essayiste, nouvelliste et poète

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14/10/2010Métro-boulot-dodo
 Métro-boulot-dodo.

 

 

Ce matin  en regardant passer une manif essentiellement composée de lycéens, j’écoutais, la larme à l’œil le vieux slogan hérité de mai 68 : « Métro-boulot-dodo ». Cela venait de monstrueux haut-parleurs, comme on en utilise dans les raves parties, plantés sur le plateau d’une camionnette qui suivait le troupeau  et le chauffeur qui tenait le micro ajoutait même « Métro-boulot-dodo, y en à marre ! Les étudiants (sic) sont dans la rue. »  Curieux télescopage de l’histoire.  

Sait-on que ce « Métro-boulot-dodo » qui fit florès dans le métro justement, nous le devons à Pierre Béarn, poète né en 1902 et mort en 2004. Attribution confirmée par France-Soir le 6 août 1969 dans un article de Renaud Jean. Il fut extrait d’un poème figurant dans Couleur d’usine édité par Seghers en 1951, on pouvait lire dans les quatre derniers vers :

Au déboulé garçon, pointe ton numéro

pour gagner ainsi le salaire

d’un morne jour utilitaire

Métro, boulot, bistro, mégots, dodo, zéro.

Les étudiants tirèrent  le poème en plusieurs milliers d’exemplaire sur la machine à reproduire du théâtre de l’Odéon et le distribuèrent dans la salle. On voit qu’ensuite bistro-mégots-zéro peu gratifiants furent supprimés par ceux qui peignirent le slogan sur les murs de la capitale et d’ailleurs.

Rompant le charme, un spectateur (de 2010) depuis le trottoir interpella les « étudiants » manifestants pour les engager « à retenir aussi, et au plus vite, leur place dans la maison de retraite la plus proche de chez eux ! » Un humour que n’aurait pas désavoué Béarn.

 

                                                           Jean-Bernard, le 13 octobre 2010


 

 
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Le 20/4/2012, par Ancelin (mail) (www) :

Bonjour, je vous felicite pour cet excellent article.
Bonne continuation. Cordialement

 
 

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