| 10/6/2010 | A propos du travail et de madame Boutin. |
A propos du travail et de madame Boutin.
Les mésaventures médiatiques de Christine Boutin met en avant, une fois de plus, les questions que tout un chacun se pose à propos de la notion de « travail ». Qu’est-ce que le travail ? Comment les français le conçoivent-ils. A propos de madame Boutin il est clair que son salaire mirifique de 9500€ mensuels paye avant tout son réseau. Réseau que ne pourrait posséder un jeune diplômé sorti d’école, sauf à s’appeler Jean Sarkozy ou tout autre fils d’archevêque. Le travail de Christine Boutin ce sont ses relations et sa position sociale.
A l’opposé le travail, important en quantité et en qualité, des bénévoles dans les associations constitue une forme d‘esclavage puisqu’il n’est pas payé. On peut m’avancer qu’il est volontaire, ce que l’esclavage n’est pas, cependant le travail des bénévoles existe bel et bien et ne fait pas l’objet d’un salaire. Dans toutes les associations en France et elles sont nombreuses, des bénévoles s’activent, souvent jour et nuit. J’ajouterai à ces « esclaves » les créateurs, inventeurs, artistes qui sont rarement récompensés et qui ont besoin d’un métier solide pour faire bouillir la marmite, sauf s’ils font partie de la poignée « d’académiques » qui ont pignon sur rue. Notez aussi que l’esclavage a été à l’origine de l’essor des grandes nations, France, USA, Russie, Grande Bretagne….
Au-dessus de l’esclave est l’ouvrier, Renault a fait venir des brassées de Magrébins sous payés dans ses usines de Boulogne Billancourt, ou l’employé payé au Smig, souvent remplacés d’ailleurs par des robots industriels, robot soudeur, peintre, ordinateur, caisses automatiques etc. Robots chers à l’achat mais sans besoin financier par la suite. Comme l’argent du travail ne peut augmenter sauf à augmenter les heures du travail, les plus rentables étant dans l’innovation, ou emprunter, et comme sa répartition égalitaire, la même somme pour chacun, est utopique force est de constater que la distribution de l’argent du travail est pyramidal. Je mets à part la spéculation financière mondialisée et par conséquent intouchable.
En bas, tout en bas ceux qui travaillent sans être payés, tout en haut ceux dont la position sociale leur vaut un salaire exorbitant sans que cela corresponde à un travail justifié. Ministres, sénateurs ou députés en retraite, Présidents de grands groupes, artistes de renon, sportifs en vue etc. Zidane touche d’importantes sommes de ses sponsors, lesquels se remboursent en puisant dans la poche de leurs clients. La correction de ce criant décalage est dans la suppression de « l’esclavage », c’est à dire en payant honnêtement les bénévoles tout en priant pour que cette redistribution ne soit pas faite au détriment d’une quelconque classe sociale, la classe moyenne est le plus souvent la victime de ce genre d’action solidaire. Il faut donc que chacun mette la main à la poche, quelle que soit sa position sociale.
Une dernière chose pour montrer que les bénévoles sont chouchoutés en haut lieu et pour cause. En 1995 Michelle Alliot-Marie a fondé la Fondation du bénévolat. Fondation richement dotée que tout le monde connait et qui est destinée à fournir une assurance aux bénévoles qui en font la demande (je suppose).
Jean-Bernard 11/06/2010
En complément de cet article il faut citer celui du London Review of Books paru dans Courrier International du 9 au 15 juin 2011 résumé par son " chapeau" : "Le travail gratuit, stade ultime du capitalisme. Le développement des stages ( non rémunérés) s'inscrit dans une évolution plus générale de l'emploi : les notions de travail et de rémunération sont de plus en plus déconectées".
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